À Lomé, certaines excursions culturelles proposent de découvrir le vodou au-delà des clichés, depuis le marché des fétiches d’Akodésséwa jusqu’aux communautés où des pratiques rituelles continuent d’être transmises. Une immersion qui permet d’approcher l’une des dimensions les plus anciennes et les plus complexes du patrimoine togolais.
Lomé – Crânes d’animaux, plantes, amulettes, poudres et objets rituels s’accumulent sur les étals du marché des fétiches d’Akodésséwa. Pour le visiteur qui découvre les lieux, l’image peut être spectaculaire. Mais réduire cet espace à une curiosité touristique ferait perdre l’essentiel : il reste lié à des pratiques religieuses, thérapeutiques et symboliques qui continuent de faire partie de la vie de nombreuses communautés.
Le marché constitue ainsi l’une des étapes proposées par plusieurs circuits consacrés au patrimoine vodou à Lomé. Il permet notamment de comprendre l’usage de certains objets, la fonction des fétiches et la place des praticiens traditionnels. En novembre 2025, le ministère togolais du Tourisme mentionnait encore Akodésséwa parmi les sites visités par des centaines de croisiéristes, avant une initiation aux rites vodou organisée à Zanguéra.
Du marché à la communauté
Les cérémonies proprement dites ne se déroulent pas nécessairement à Akodésséwa. Les excursions documentées prévoient généralement une seconde étape hors du marché, dans un village ou auprès d’une communauté où des pratiquants accueillent les visiteurs.
Chants collectifs, tambours et danses peuvent alors accompagner les séquences rituelles. Mais leur sens dépasse la performance artistique. Ils participent à une pratique spirituelle régie par des codes, des autorités et des croyances propres à chaque communauté. Des circuits actuellement proposés à Lomé distinguent clairement la visite du marché des fétiches et le déplacement ultérieur vers un village pour assister à une cérémonie.
Un patrimoine qui ne se résume pas au tourisme
Cette distinction est essentielle. Le vodou n’est pas une animation créée pour les voyageurs. Au Togo comme dans plusieurs pays du golfe de Guinée, il appartient à un ensemble de croyances et de pratiques transmises au sein des familles et des communautés.
Le pays accorde d’ailleurs une place croissante à la sauvegarde de son patrimoine culturel vivant. Le Togo est partie à la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel depuis 2009, et plusieurs pratiques traditionnelles du pays figurent désormais sur les listes de l’organisation.
Pour celui qui choisit cette immersion, l’intérêt réside donc moins dans la recherche d’un spectacle « mystique » que dans la découverte d’une autre manière de penser les relations entre les êtres humains, les ancêtres, les forces spirituelles et la communauté.
De Lomé aux villages environnants, ces parcours montrent ainsi un Togo où les traditions religieuses ne sont pas seulement conservées comme des traces du passé. Elles continuent d’être pratiquées, interprétées et transmises dans le présent.
La Rédaction

