La tournée nationale sur la Cinquième République s’est achevée à Tsévié et Aného. Initiée par le président Faure Gnassingbé, portée par le ministre des Droits de l’homme Pacôme Adjourouvi, elle vise à ancrer les nouvelles institutions dans la conscience citoyenne. Une démarche inédite, au cœur du projet républicain togolais.
Depuis l’adoption, le 6 mai 2024, d’une nouvelle Constitution instaurant un régime parlementaire, le Togo est entré dans la Cinquième République. Cette réforme profonde, voulue par le président Faure Essozimna Gnassingbé, entend faire du citoyen le pivot de l’action publique. Pour en expliquer les fondements, le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation inédite, qui a parcouru toutes les régions du pays. Les villes de Tsévié et Aného ont accueilli les dernières étapes de cette tournée nationale.
Un changement de cap présidentiel assumé
À travers cette réforme, le président Gnassingbé rompt avec un modèle centralisé pour construire une démocratie de proximité. Le régime parlementaire désormais en place consacre le Parlement comme centre du pouvoir, tout en redistribuant les rôles entre les collectivités locales, le Sénat, et l’exécutif. Pour Faure Gnassingbé, cette évolution n’est pas seulement institutionnelle : elle incarne une volonté de rapprocher l’État du quotidien des citoyens, en valorisant la représentativité, le contrôle parlementaire, et l’ancrage local du pouvoir.
Le terrain, pas les discours : Pacôme Adjourouvi à l’écoute du peuple
Chargé de piloter cette tournée d’explication, le ministre des Droits de l’homme Pacôme Adjourouvi s’est rendu de ville en ville pour rencontrer, écouter, expliquer. À Tsévié comme à Aného, il a réuni chefs traditionnels, leaders religieux, syndicats, partis politiques, jeunes et représentants de la société civile. « Il fallait sortir des textes pour entrer dans les vies », a-t-il confié. Sa méthode : dialoguer, simplifier le langage institutionnel, et susciter l’adhésion sans imposer.
La Cinquième République vue d’en bas : entre espoirs et exigences
Sur le terrain, la réforme est perçue comme une promesse. Celle d’une gouvernance plus inclusive, d’une meilleure représentativité, d’un Parlement actif, capable de contrôler l’action du gouvernement et de refléter les aspirations réelles des citoyens. « Nous avons compris que ce régime nous redonne la parole », témoigne un jeune participant à la session d’Aného. D’autres saluent un système plus économique, plus délibératif, et porteur d’une stabilité fondée sur le dialogue.
Une pédagogie citoyenne, pas un exercice de communication
Au-delà de l’information, cette campagne a aussi une portée symbolique : elle inscrit l’acte constitutionnel dans la culture populaire. « Nous ne pouvions pas nous contenter d’une adoption institutionnelle. Il fallait aller jusqu’aux populations », a expliqué Pacôme Adjourouvi. Dans une société où la réforme peut souvent sembler lointaine, cet effort d’explication est perçu comme un geste de respect républicain et de responsabilité partagée.
Faure Gnassingbé parie sur l’intelligence collective
En misant sur une appropriation citoyenne des institutions, le chef de l’État cherche à consolider la paix et à asseoir durablement la stabilité. Il place la Cinquième République sous le signe du dialogue et de la responsabilité. Une démocratie enracinée, où les élus parlent au nom de leurs territoires, où les régions deviennent des acteurs du développement, et où les institutions ne s’imposent plus d’en haut, mais se construisent avec et pour le peuple.
Avec la fin de cette tournée nationale, le gouvernement ferme une étape, mais ouvre un cycle. La démocratie togolaise entre dans une nouvelle ère : celle où la parole de l’État n’a de force que lorsqu’elle rencontre l’écoute du citoyen.
La Rédaction

