Dans son discours délivré à l’occasion du 64e anniversaire de l’indépendance du Tchad, le président Mahamat Idriss Déby Itno promet une politique de « tolérance zéro » face aux détournements de fonds publics, marquant une nouvelle étape dans son agenda politique.
La société civile se montre prudente, face à cette déclaration de guerre du président Mahamat Idriss contre la corruption. En effet à la veille de la fête de l’indépendance du Tchad, le président a laissé entendre dans son traditionnel message aux peuples une déclaration de guerre contre la corruption en ces mots : « Notre combat contre ce fléau est total. Le gouvernement est instruit pour adopter une politique de tolérance zéro face aux détournements de deniers publics ».
Le coordonnateur de l’association de lutte contre la corruption et les malversations économiques au Tchad (Alcomet), Foullah Baba Isaac, est d’accord avec la nouvelle prérogative du président sauf que pour lui, il va falloir : « d’abord que l’État assainit son environnement avant de dire à la population qu’il lutte contre la corruption. C’est un discours qui permet de dire aux citoyens : “Je lutterai plus tard contre la corruption » l’impunité est la cause principale de la corruption au Tchad. Le Pr Ahmat Mahamat Hassan, ancien ministre de la Justice, déplore le manque d’autorité de l’État et l’absence d’une lutte efficace contre les détournements de fonds qui continuent d’être tolérés parfois même protégés.
Malgré la création d’une autorité indépendante de lutte contre la corruption, le Tchad reste selon l’ONG Transparency internationale l’un des pays les plus corrompus dans le monde sur l’indice de perception de la corruption. En 2023, le Tchad occupe le 167e rang sur180 pays évalués avec un score de 19 sur 100. Transparency International utilise chaque année l’indice de perception de la corruption pour classer les pays du monde sur une échelle de zéro à 100, zéro étant le plus corrompu et 100 le moins corrompu.
« Les Africains ont besoin que leurs dirigeants ne se contentent plus de simples mots et engagements et prennent des mesures fortes et décisives pour éradiquer la corruption qui est omniprésente, en particulier en ces temps si durs, sinon la situation ne fera qu’empirer. » À déclarer, Samuel Kaninda, Conseiller régional pour l’Afrique de Transparency International. La société civile attend donc des actions concrètes pour traduire les paroles du président Mahamat Idriss Déby Itno en réalité.
La Rédaction

