L’ancien Premier ministre tchadien et figure de l’opposition, Succès Masra, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle par le tribunal de grande instance de N’Djamena. Ce verdict, rendu dans la nuit du 9 au 10 août 2025, intervient à l’issue d’un procès retentissant lié au massacre de Mandakao, survenu en mai dernier et ayant coûté la vie à quarante-deux personnes.
Une condamnation assortie d’une lourde amende
En plus de la peine d’emprisonnement, la juridiction a infligé à M. Masra une amende d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 million €). Le tribunal l’a reconnu coupable de diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe ainsi que de complicité de meurtre. Le ministère public avait initialement requis vingt-cinq ans de prison ferme.
Un procès dénoncé comme politique par La Défense
Arrêté le 16 mai 2025, l’ancien chef du gouvernement a plaidé non coupable, rejetant toutes les accusations. Ses avocats ont dénoncé un procès politique « dépourvu de preuves solides », affirmant que la procédure vise à réduire au silence une voix critique du pouvoir. De son côté, le gouvernement affirme que la justice a agi « en toute indépendance » et que la décision reflète la gravité des faits.
Des coaccusés également lourdement sanctionnés
La condamnation de Succès Masra s’inscrit dans un verdict collectif touchant soixante-quatre autres prévenus, eux aussi condamnés à vingt ans de prison. Tous étaient poursuivis pour leur implication présumée dans les violences meurtrières de Mandakao.
Répercussions politiques immédiates
La sentence a provoqué une vive émotion dans les rangs du parti Les Transformateurs, fondé par M. Masra. Des militants se sont rassemblés à N’Djamena pour exprimer leur indignation. En l’absence du leader, le parti a nommé Bedoumra Kordjé à la tête de la formation à titre intérimaire.
Succès Masra garde le cap
Resté calme lors de l’énoncé de la peine, le leader de l’opposition a adressé un message à ses partisans :
« Ne vous inquiétez pas, nous nous reverrons bientôt. »
Si ses avocats envisagent un appel, l’affaire pourrait rapidement prendre une dimension internationale, plusieurs ONG et partenaires étrangers ayant déjà exprimé leurs préoccupations sur l’équité du procès.
La Rédaction

