Le redémarrage du secteur énergétique syrien passe par un trio inattendu : Baker Hughes, Hunt Energy et Argent LNG. Leur mission ? Poser les fondations d’un avenir énergétique dans un pays exsangue.
Quatorze ans de guerre ont vidé les réservoirs et éteint les centrales. En Syrie, la production d’électricité plafonne aujourd’hui à 1,6 gigawatt, loin des 9,5 enregistrés avant 2011. Pour pallier l’effondrement des infrastructures, trois entreprises américaines ont annoncé le lancement d’un plan directeur pour relancer l’ensemble du secteur énergétique syrien.
Ce tournant a été rendu possible par la levée surprise des sanctions américaines fin juin, une décision politique majeure prise par l’administration Trump. Le verrou stratégique sauté, les firmes américaines entrent dans un pays encore meurtri, mais porteur d’opportunités à long terme.
Une reconstruction ciblée et progressive
Le plan envisagé couvre tout le spectre énergétique : exploration pétrolière, extraction gazière, production et distribution d’électricité, y compris des centrales à cycle combiné. Les premières interventions se concentreront sur l’ouest de l’Euphrate, sous contrôle gouvernemental. Aucune précision n’a été donnée sur une éventuelle extension vers l’est, zone riche en pétrole mais sous autorité des Forces démocratiques syriennes, alliées des États-Unis mais rivales de Damas.
“Il s’agit d’une évaluation complète des capacités existantes, avec l’objectif d’identifier rapidement les leviers d’amélioration”, a précisé Jonathan Bass, PDG d’Argent LNG, tout en restant discret sur les calendriers et montants engagés.
Les États du Golfe déjà sur les rangs
L’entrée en scène des entreprises américaines fait écho à l’intérêt croissant des pays du Golfe pour la reconstruction syrienne, notamment dans les domaines portuaire et électrique. Le régime de Bachar el-Assad, confronté à un manque criant de liquidités, mise sur ces partenariats privés pour compenser l’absence d’investissements publics massifs.
Ce retour des capitaux américains en Syrie, encore inimaginable il y a quelques mois, pourrait bien préfigurer une nouvelle phase de normalisation économique, sur fond d’équilibres géopolitiques en recomposition.
La Rédaction

