Le 10 décembre, les rebelles syriens ont annoncé la nomination de Mohammad al-Bachir comme chef du gouvernement transitoire, un rôle central dans la période de transition qui suit la chute du régime de Bachar al-Assad. Ancien dirigeant du “gouvernement de salut” dans le bastion rebelle d’Idleb, al-Bachir prendra ses fonctions avec un mandat prévu jusqu’au 1er mars 2025, une étape clé dans la reconstruction politique du pays.
Une transition sous haute tension
La nomination d’al-Bachir s’inscrit dans un processus de transition soutenu par le Parlement syrien et le parti Baas, après des discussions entre le chef du groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), Abou Mohammad al-Jolani, et l’ex-Premier ministre de Bachar al-Assad, Mohammed al-Jalali. Cependant, ce passage de pouvoir reste fragile et incertain, et la transition devra surmonter de nombreux obstacles politiques et militaires.
Réactions internationales et conditions de coopération
Sur le plan international, la France et l’Allemagne ont exprimé leur volonté de coopérer avec les nouveaux dirigeants syriens, mais avec des conditions strictes. Les deux pays ont mis en avant la nécessité de garantir le respect des droits humains et la protection des minorités ethniques et religieuses. Cette position reflète une volonté de soutenir une transition qui respecte les principes démocratiques et humains, tout en assurant la stabilité à long terme de la Syrie.
Les États-Unis, également préoccupés par l’évolution du pays, partagent cette approche. Le secrétaire d’État Antony Blinken a souligné la nécessité de maintenir l’intégrité territoriale de la Syrie et d’éviter que des groupes terroristes, comme l’État islamique, ne se reconstituent ou ne trouvent de nouveaux sanctuaires dans les zones instables du pays. Les États-Unis, tout en insistant sur une transition inclusive, cherchent à éviter toute fragmentation du pays qui pourrait déstabiliser la région.
La Turquie et son rôle stratégique
De son côté, la Turquie, acteur majeur dans la dynamique syrienne, continue d’apporter son soutien aux rebelles et au gouvernement transitoire d’al-Bachir. Ankara a exprimé son désir de stabiliser le nord-ouest du pays, où il exerce une influence considérable. Toutefois, la Turquie demeure vigilante face aux menaces kurdes et aux groupes qu’elle considère comme terroristes, et pourrait jouer un rôle de médiateur pour faciliter la transition tout en protégeant ses propres intérêts sécuritaires.
Les frappes israéliennes et la situation sécuritaire
L’instabilité sécuritaire en Syrie se poursuit avec les frappes israéliennes, qui se sont intensifiées après la chute de Bachar al-Assad. L’armée israélienne a mené plus de 300 frappes sur des cibles militaires syriennes, dont des aéroports, des radars et des dépôts d’armements. Ces attaques compliquent davantage la situation sur le terrain, et renforcent l’incertitude quant à la stabilité future du pays.
La Syrie, à la croisée des chemins, devra jongler avec les tensions internes et les enjeux géopolitiques pour parvenir à une transition réussie. Les mois à venir seront déterminants pour évaluer si le gouvernement de Mohammad al-Bachir pourra naviguer entre ces défis tout en répondant aux attentes de la communauté internationale et en préservant l’intégrité du pays.
La Rédaction

