Démantèlements, reculs sociaux, impunités internationales : le retour de Donald Trump marque, selon Amnesty, une accélération inquiétante du déclin global des droits fondamentaux.
Dans son rapport annuel 2025, La situation des droits humains dans le monde, Amnesty International sonne l’alarme. L’organisation y décrit un paysage mondial assombri par la résurgence des régimes autoritaires, l’indifférence face aux conflits majeurs, et une brutalisation croissante des relations internationales. En toile de fond : le retour fracassant de Donald Trump à la Maison Blanche.
Un retour au pouvoir aux effets immédiats
L’ONG dénonce un « effet Trump » qui, en quelques semaines, a redonné de la vigueur aux agendas les plus réactionnaires. L’un des gestes les plus symboliques de ce début de mandat : le démantèlement express de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), pourtant principal bailleur de fonds humanitaires mondial.
À cela s’ajoutent des décisions aux conséquences dramatiques : l’abrogation de protections juridiques pour les femmes, les minorités ethniques, les personnes migrantes et LGBTQ+. Ces mesures, souligne Amnesty, ont non seulement fragilisé des millions de personnes aux États-Unis, mais ont aussi envoyé un signal dangereux à l’international. Des régimes comme ceux du Bangladesh, de la Turquie ou du Mozambique s’en trouvent confortés dans leur répression.
Une diplomatie de la régression
Le rapport critique vivement les attaques répétées de Washington contre la Cour pénale internationale, accusée d’être un obstacle à l’impunité. Pour Amnesty, cette hostilité s’apparente à une tentative claire d’éroder le droit international.
Autre point noir : le retrait américain des engagements climatiques. Il compromet, selon l’ONG, toute réponse coordonnée à la crise écologique. Un repli qui affecte particulièrement les pays vulnérables déjà confrontés à l’insécurité alimentaire, aux catastrophes naturelles et aux migrations forcées.
Silences et complicités face aux conflits
Le rapport dépeint également une inaction globale face aux conflits majeurs. Amnesty dénonce l’intensification des frappes russes contre les civils en Ukraine, les violences sexuelles systématiques au Soudan, et les opérations militaires israéliennes à Gaza, qualifiées de « génocide en direct ».
Un appel à la mobilisation mondiale
Amnesty exhorte les démocraties à sortir de leur torpeur. Il est urgent, dit-elle, de défendre les institutions multilatérales, de renforcer la solidarité internationale et d’enrayer la banalisation des violations. Le risque est grand : voir s’effondrer des décennies de progrès obtenus au prix de luttes acharnées.
« Si la communauté internationale continue de détourner le regard, c’est l’ensemble du socle des droits humains universels qui vacillera », conclut le rapport.
La Rédaction

