Le gouvernement soudanais a accusé l’Éthiopie d’être impliquée dans une série d’attaques de drones ayant visé plusieurs sites stratégiques, dont l’aéroport de Khartoum. Une escalade qui intervient alors que le conflit interne entre l’armée et les paramilitaires entre dans une nouvelle phase technologique.
Des accusations directes et un signal diplomatique fort
Selon les autorités soudanaises, plusieurs frappes survenues depuis début mars auraient été lancées depuis l’aéroport de Bahir Dar, en territoire éthiopien.
Le gouvernement affirme disposer d’éléments techniques issus de l’analyse de drones ayant pénétré l’espace aérien soudanais. Dans la foulée, Khartoum a rappelé son ambassadeur, marquant une détérioration nette des relations avec Addis-Abeba.
Parallèlement, les Émirats arabes unis sont accusés d’avoir fourni les équipements utilisés. Des accusations que les autorités émiriennes rejettent.
Une guerre interne qui bascule vers les drones
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide.
Initialement concentrés sur des affrontements urbains, les combats évoluent désormais vers une guerre de drones, notamment dans les régions du Kordofan et du Nil Bleu.
Jusqu’à récemment relativement épargnée, la capitale est désormais directement touchée, marquant un tournant dans la dynamique du conflit.
Khartoum de nouveau sous pression
La dernière attaque a visé l’aéroport de Khartoum, symbole d’un retour progressif à la normale amorcé ces derniers mois.
D’autres frappes ont également touché plusieurs régions du pays, tandis qu’une attaque à Omdurmana fait plusieurs victimes civiles.
Ces événements remettent en cause le fragile sentiment de sécurité qui commençait à s’installer dans certaines zones du centre du pays.
Un conflit aux ramifications régionales
Les accusations visant l’Éthiopie et les Émirats arabes unis soulignent la dimension régionale croissante du conflit soudanais.
Des experts internationaux et des organisations de défense des droits humains ont déjà évoqué par le passé des soutiens extérieurs aux différents acteurs du conflit, sans que ces allégations ne fassent consensus.
Un bilan humain toujours sous-estimé
Selon l’organisation Armed Conflict Location & Event Data, plus de 59 000 personnes auraient été tuées depuis le début de la guerre.
Mais ce chiffre pourrait être largement sous-évalué en raison des difficultés d’accès aux zones de combat et du manque de données fiables.
Une escalade aux conséquences incertaines
Alors que la guerre entre dans une phase plus diffuse et technologiquement évolutive, l’usage accru des drones pourrait intensifier l’instabilité et compliquer les perspectives de sortie de crise.
Face à cette situation, les autorités soudanaises affirment ne pas vouloir d’escalade régionale, tout en prévenant qu’elles répondront à toute attaque visant leur territoire.
La Rédaction

