À Kinshasa, la capitale tentaculaire de la République démocratique du Congo, l’électricité n’est plus un service de base, mais une denrée rare. Dans cette métropole de plus de 17 millions d’habitants, les coupures de courant rythment la vie quotidienne, forçant habitants et commerçants à s’adapter tant bien que mal.
Un réseau à bout de souffle
Dans les quartiers du centre comme de la périphérie, le constat est le même : l’électricité va et vient, parfois absente plusieurs jours d’affilée. “On est habitués à vivre dans le noir”, lâche Sylvie, une habitante du quartier Matonge. Elle raconte comment elle doit organiser ses journées en fonction des caprices du réseau : “Parfois, je laisse mon téléphone éteint toute la journée pour économiser la batterie, en espérant qu’il y aura du courant le soir.”
Ce problème n’est pas nouveau. Le réseau électrique de Kinshasa, hérité de l’époque coloniale, peine à supporter l’expansion rapide de la ville. Les infrastructures vieillissantes, combinées à une production insuffisante, rendent les coupures inévitables.
Les groupes électrogènes, solution coûteuse
Face à ces pénuries chroniques, ceux qui en ont les moyens se tournent vers les générateurs à essence. Dans les rues animées de la commune de Lingwala, le bourdonnement des groupes électrogènes se mêle au vacarme des klaxons et des moteurs de moto-taxis. Théophile, propriétaire d’une imprimerie, n’a pas eu le choix : “Sans électricité, impossible de travailler. Mon patron a investi dans un générateur, mais ça coûte cher en carburant.”
Même son de cloche pour Georges, propriétaire d’un bar : “On ne peut pas se permettre de rester fermés à cause des coupures. Mais l’essence, c’est une dépense en plus. À long terme, c’est invivable.”
Une attente interminable
Les autorités promettent régulièrement des améliorations, mais pour l’instant, les habitants de Kinshasa continuent de jongler avec l’incertitude. Certains quartiers ont la chance d’avoir du courant “au moins une fois par jour”, d’autres passent des nuits entières dans l’obscurité.
En attendant une solution durable, la vie s’organise dans l’ombre des délestages. Les plus optimistes espèrent que les projets d’extension du réseau électrique verront le jour, tandis que d’autres se résignent à cette réalité où la lumière devient un privilège.
La Rédaction

