À mesure que le conflit soudanais s’enfonce dans sa troisième année, la communauté internationale est confrontée à un constat alarmant : la guerre atteint désormais des niveaux qualifiés de « catastrophiques » par les Nations unies. Devant le Conseil de sécurité, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dressé un tableau sombre d’un pays ravagé, où les civils demeurent les premières victimes d’une violence multiforme et persistante.
Les civils au cœur d’un conflit sans répit
Violences indiscriminées, déplacements massifs et entraves croissantes à l’aide humanitaire structurent aujourd’hui le quotidien de millions de Soudanais. Les combats, loin de se limiter aux lignes de front traditionnelles, affectent de vastes zones habitées, exposant femmes et enfants à des risques constants. Les infrastructures civiles, notamment sanitaires, sont régulièrement prises pour cible, réduisant encore la capacité de survie des populations.
Le Kordofan, nouveau foyer de la tragédie
Longtemps en marge de l’attention internationale, les États du Kordofan se sont imposés comme un nouvel épicentre de la crise. OCHA fait état de frappes de drones, de sièges prolongés et d’attaques répétées contre des hôpitaux, des installations onusiennes et des convois humanitaires. Ces violences ont causé la mort de nombreux civils et accentué l’effondrement des services de base, dans un climat de peur permanente.
Le Darfour toujours en proie à l’horreur
Parallèlement, le Darfour demeure plongé dans une spirale de violences extrêmes. Des informations concordantes évoquent des massacres, des violences sexuelles systématiques, des attaques contre des camps de déplacés et des agressions récurrentes visant les structures de santé. Malgré la mobilisation des acteurs humanitaires et l’octroi de financements d’urgence, l’ampleur des besoins dépasse largement les capacités actuelles de réponse.
Une guerre étendue par les drones
L’expansion de la guerre par l’usage accru de drones a élargi le champ du conflit à d’autres régions du pays. Cette évolution a entraîné la destruction d’infrastructures critiques, aggravé l’insécurité alimentaire et provoqué de nouveaux déplacements, y compris au-delà des frontières soudanaises. Le conflit, de plus en plus technologique, s’impose ainsi comme un facteur majeur d’instabilité régionale.
Une réponse humanitaire sous attaque
Si 16,8 millions de personnes ont pu recevoir une aide humanitaire en 2025, cette réponse reste fragile et constamment menacée. Les humanitaires opèrent dans un environnement où l’accès est restreint et où les convois sont directement pris pour cible. Face à cette situation, l’OCHA renouvelle ses appels en faveur d’une protection renforcée des civils, d’un accès humanitaire sans entrave, d’un financement durable et d’une action internationale urgente pour désamorcer le conflit et ouvrir la voie à un cessez-le-feu national.
La Rédaction

