La situation des droits humains se détériore au Zimbabwe, selon un rapport publié par le Zimbabwe Peace Project (ZPP). Le document, qui couvre le mois d’avril 2026, fait état de 145 violations ayant touché 3 675 personnes, dans un contexte marqué par des accusations de répression politique, d’arrestations arbitraires et de restrictions des libertés fondamentales.
D’après l’organisation, les victimes recensées comprennent 1 887 femmes et 1 788 hommes. Le rapport décrit un environnement qualifié de plus en plus « dégradé », caractérisé par des actes d’intimidation, de violence et des abus d’autorité exercés à différents niveaux de l’appareil public.
Intimidations, arrestations et violences signalées
Le Zimbabwe Peace Project indique que les violations observées incluent des menaces, des agressions physiques, des enlèvements présumés, des détentions sans procédure légale et des arrestations jugées injustifiées.
Parmi les libertés les plus touchées figurent la liberté d’expression, avec 36 cas recensés, ainsi que la liberté de réunion et d’association, affectée par 26 incidents. Le rapport mentionne également 28 menaces de violence et 17 agressions au cours de la période étudiée.
Des acteurs étatiques au cœur des accusations
Le document pointe plusieurs catégories de présumés auteurs des violations. Les membres du parti au pouvoir, ZANU-PF, représenteraient plus de la moitié des cas signalés (53,72 %).
La police nationale, la Zimbabwe Republic Police, est également citée dans 13,5 % des incidents, tandis que des agents présumés des services de sécurité de l’État seraient impliqués dans près de 7 % des cas.
Des autorités locales, des chefs traditionnels et certains responsables administratifs figurent également parmi les acteurs mentionnés dans le rapport.
Cas d’enlèvements et arrestations contestées
Le ZPP alerte sur ce qu’il qualifie de tendance persistante aux enlèvements liés à des acteurs sécuritaires. Le rapport cite notamment le cas d’un jeune leader de la jeunesse, Emmanuel Sitima, enlevé à Harare avant d’être retrouvé dans un poste de police, selon les informations de l’organisation.
Il évoque également l’arrestation de six membres de l’opposition interpellés à leur domicile avant d’être placés en détention après l’interdiction d’une manifestation. Toujours selon le rapport, certains auraient été victimes de mauvais traitements en détention.
Services publics et inégalités d’application de la loi
Au-delà des droits politiques, le rapport soulève des préoccupations concernant l’accès aux services publics. Dans certaines régions, des enseignants auraient été contraints de contribuer financièrement à des célébrations officielles, tandis que des patients auraient été soumis à des frais non autorisés dans certains centres de santé.
Le document critique également une application « sélective » de la justice, estimant que les affaires impliquant des individus proches du pouvoir seraient traitées plus rapidement que celles concernant des opposants politiques.
Les provinces de Harare, des Midlands et de Masvingo figurent parmi les zones ayant enregistré le plus grand nombre de violations durant le mois.
Appel au respect des libertés fondamentales
Face à ces constats, le Zimbabwe Peace Project appelle les autorités à respecter les dispositions constitutionnelles, à mettre fin aux intimidations à motivation politique et à garantir une protection équitable de tous les citoyens devant la loi.
La Rédaction

