En Afrique, l’élection de Donald Trump a suscité des réactions contrastées. Certains dirigeants ont accueilli favorablement la victoire du président américain en soulignant les bénéfices potentiels d’une approche transactionnelle des relations internationales, tandis que d’autres demeurent prudents, notamment les défenseurs des droits humains.
Pour l’économiste Charlie Robertson, ce retour aux affaires de Trump pourrait bien redéfinir la perception de l’Afrique depuis Washington, rappelant la dynamique géopolitique de la guerre froide. En effet, cette vision pragmatique, marquée par la confrontation avec la Chine, incite plusieurs chefs d’État africains à saluer Trump, espérant des relations renforcées.
Certains responsables, comme Anita Among, présidente du parlement ougandais, voient dans ce changement l’opportunité de lever des restrictions, tandis que des figures plus discrètes, comme le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi, soulignent la continuité de leur coopération stratégique avec les États-Unis. Sissi, souvent marginalisé par l’administration Biden, espère renouer des liens plus fluides sous Trump.
Les grandes nations africaines, telles que le Nigeria et l’Afrique du Sud, partagent également un certain optimisme. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué l’opportunité de renforcer le partenariat avec les États-Unis, en prévision notamment de la présidence sud-africaine du G20 en 2025. Cependant, des tensions peuvent persister, notamment en raison de la position affirmée de Pretoria sur la question palestinienne.
De son côté, le président nigérian Bola Tinubu, dans un message de félicitations, a exprimé le souhait de voir les relations bilatérales évoluer face aux défis globaux actuels. Au Kenya, le vice-président Rigathi Gachagua a vivement salué la « résilience » de Trump, un message qui, pour certains observateurs, pourrait laisser présager des divergences d’approche entre Nairobi et Washington.
Sur le plan géopolitique, l’arrivée de Trump pourrait impacter la Corne de l’Afrique, une région en pleine ébullition. Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rapidement félicité Trump, espérant que le soutien américain facilite son accès aux infrastructures portuaires en Somaliland, malgré les tensions persistantes avec la Somalie.
Au Soudan, les principaux acteurs du conflit, les généraux Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo, espèrent chacun trouver un allié en Trump pour consolider leur position. Les perspectives climatiques, en revanche, préoccupent les dirigeants, tels que le président des Seychelles Wavel Ramkalawan, qui redoute un désengagement américain des questions environnementales, vitales pour les petites îles.
De nombreux autres dirigeants africains ont aussi adressé leurs félicitations, à l’instar du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et de Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo, montrant ainsi une volonté de maintenir, voire d’intensifier, leurs relations avec la nouvelle administration américaine.
La Rédaction

