Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a donné le coup d’envoi d’une transformation ambitieuse de l’administration publique, lors de l’ouverture de la première Conférence des administrateurs et managers publics (CAMP) ce lundi, à Diamniadio, à quelques kilomètres de Dakar. Cet événement a marqué le lancement d’une série de réformes destinées à moderniser l’appareil administratif et à mettre en place une gouvernance plus efficace et transparente.
L’objectif est clair : redéfinir les bases de l’administration pour répondre aux défis d’une économie en pleine évolution. Le président a pris la parole devant un parterre de ministres et de responsables administratifs pour exposer les grandes lignes de son programme de transformation, aligné sur la vision « Sénégal 2050 ». Neuf mois après l’arrivée de nouvelles autorités, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye mise sur une rupture systémique, avec des réformes concrètes et adaptées aux défis du XXIe siècle.
Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a mis en avant la création d’une « agence nationale de centralisation de la commande publique », visant à rationaliser les dépenses de l’État et à optimiser les marges de manœuvre budgétaires. Il a souligné que cette initiative s’inscrit dans un objectif plus large de gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.
Le président a également évoqué la nécessité d’une collaboration renforcée entre les différents ministères, en insistant sur l’importance de finaliser les lettres de politique sectorielle pour chaque département. Il a appelé à une véritable culture du dialogue entre les différents acteurs de l’administration, avec pour ambition de mettre en place une « gouvernance de résultats », dans laquelle chaque ministère jouerait pleinement son rôle.
Une autre priorité abordée par le président est l’accélération de la transformation numérique des administrations publiques. L’introduction de la dématérialisation des procédures administratives et la simplification de l’accès aux services publics sont des mesures essentielles pour garantir une gestion plus transparente et efficace. Pour cela, Bassirou Diomaye Faye a annoncé le lancement du « New Deal technologique » dès le mois prochain, une initiative qui vise à moderniser le service public et le rendre plus réactif face aux attentes des citoyens.
Le président a aussi abordé la question cruciale de l’administration sénégalaise, qualifiée de « figée » dans des schémas dépassés et souvent inefficaces. Il a mis en évidence les lourdeurs internes, notamment dans le secteur parapublic, souvent en duplication avec l’administration centrale, et a appelé à une réorganisation complète pour rendre l’administration plus proche des citoyens et plus efficiente.
Faye a insisté sur la nécessité de réformer les entreprises publiques, les appelant à devenir des leviers de développement et non des poids pour les finances de l’État. Il a rappelé son engagement à instaurer un système transparent de recrutement pour certains postes de responsabilité, démarche déjà entamée au sein de la Commission nationale des droits de l’homme.
Dans son discours de clôture, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé que la CAMP deviendrait un événement annuel essentiel pour échanger, réfléchir et affiner les stratégies de gouvernance publique. Il a conclu en soulignant que « diriger, c’est décider » et a lancé un appel à l’action collective pour mener à bien les réformes nécessaires à la transformation du pays.
La Rédaction

