Le gouvernement soudanais, aligné sur l’armée, a rejeté samedi une proposition de trêve présentée la veille par les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte. Khartoum refuse d’être exclu de toute future transition politique, alors que le pays reste plongé dans une guerre meurtrière.Dans une déclaration commune vendredi, les quatre pays avaient appelé à une trêve humanitaire de trois mois, suivie d’un cessez-le-feu permanent et d’une transition de neuf mois vers un gouvernement civil. Ils ont insisté sur la nécessité d’une transition « inclusive et transparente », respectant les aspirations du peuple soudanais pour un gouvernement civil indépendant et légitime. À lire aussi : Soudan. Les paramilitaires ciblent les soignants alors que la faim et les maladies atteignent un seuil critiqueDepuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit violent opposant l’armée aux Forces de soutien rapide (FSR). Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, des millions déplacées, et l’ONU qualifie la crise humanitaire de l’une des plus graves au monde.Le ministère des Affaires étrangères soudanais a salué « tout effort régional ou international contribuant à mettre fin à la guerre », mais a souligné que tout processus politique devait « respecter la souveraineté de l’État et ses institutions légitimes », actuellement contrôlées par l’armée.En mai, l’armée a mis en place un nouveau gouvernement civil pour « achever la transition » et « nettoyer tout le Soudan ». La déclaration internationale rappelle que « l’avenir du gouvernement du Soudan doit être décidé par le peuple soudanais et non contrôlé par une partie en guerre ».À lire aussi : Soudan. Le retour stratégique des islamistes dans l’ombre du pouvoir militaireSur le terrain, l’armée contrôle l’est, le nord et le centre du pays, tandis que les FSR tiennent une partie du sud et l’essentiel du Darfour, où elles ont proclamé un gouvernement parallèle, alimentant les craintes de fragmentation. Les deux camps ont réaffirmé leur détermination à poursuivre les combats jusqu’à une victoire militaire totale.Vendredi, les États-Unis ont également imposé des sanctions contre le ministre des Finances soudanais Gebreil Ibrahim, proche de l’armée et figure islamiste majeure, ainsi qu’à la brigade Baraa Ibn-Malik, une milice combattant aux côtés de l’armée.
La Rédaction

