Le président angolais João Lourenço a annoncé une grâce en faveur d’une cinquantaine de détenus, parmi lesquels figure José Filomeno dos Santos, dit “Zenu”, fils de l’ancien président José Eduardo dos Santos. Condamné à cinq ans de prison pour détournement de fonds, il bénéficie de cette mesure dans le cadre des célébrations prévues pour le cinquantenaire de l’indépendance de l’Angola en 2025.
Une mesure d’apaisement national
Selon un décret publié jeudi sur la page officielle de la présidence, cette grâce se veut un geste d’“harmonie, de clémence et de fraternité”. José Filomeno dos Santos, aujourd’hui âgé de 46 ans, avait vu sa condamnation confirmée en juillet dernier par la Cour suprême de Luanda, après un précédent rebondissement judiciaire. Ancien dirigeant du fonds souverain angolais (2013-2018), “Zenu” avait été inculpé pour avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale vers un compte londonien. Cette fraude, orchestrée avec trois co-accusés, aurait permis de détourner jusqu’à 1,5 milliard de dollars.
Son procès symbolisait la campagne anti-corruption lancée par João Lourenço dès son accession au pouvoir en 2017. Ce dernier avait entrepris de démanteler les réseaux de pouvoir mis en place par son prédécesseur, accusés de pillage systématique des ressources nationales.
Une famille sous le feu des critiques
La famille dos Santos, au cœur des scandales financiers, dénonce depuis plusieurs années une “persécution politique” menée par le président Lourenço. José Eduardo dos Santos, décédé en 2022, a dirigé l’Angola pendant 38 ans, exerçant un contrôle absolu sur l’appareil étatique et économique. Sa fille aînée, Isabel dos Santos, surnommée la “princesse” et longtemps considérée comme la femme la plus riche d’Afrique, est également sous le coup de multiples enquêtes. Ancienne dirigeante de la compagnie pétrolière d’État Sonangol, elle est accusée d’avoir détourné des milliards de dollars d’entreprises publiques.
Une réconciliation ou une polémique ?
La grâce présidentielle accordée à “Zenu” suscite des réactions mitigées en Angola. Si certains saluent une démarche d’apaisement dans un pays marqué par des décennies de fractures politiques et sociales, d’autres y voient un coup porté aux efforts de lutte contre la corruption. Alors que le cinquantenaire de l’indépendance approche, cette décision pourrait raviver les débats sur la gestion du passé politique et économique de l’Angola.
La Rédaction

