Les attaques jihadistes à l’ouest du Mali inquiètent Dakar. Les transporteurs routiers appellent à suspendre les liaisons vers Bamako.Les violences jihadistes au Mali se rapprochent dangereusement de la frontière sénégalaise. Récemment, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, a mené sept attaques coordonnées dans l’ouest malien, ciblant notamment Kayes, Nioro du Sahel et Niono — des localités situées non loin du Sénégal et de la Mauritanie. Une recrudescence inquiétante pour la stabilité régionale, mais surtout pour les transporteurs qui empruntent quotidiennement l’axe stratégique Dakar–Bamako.Depuis plusieurs mois, cette route commerciale majeure traverse des zones où l’État malien peine à garantir la sécurité. Pour les chauffeurs de poids lourds, c’est désormais la peur au ventre que se font les trajets. Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des transporteurs routiers du Sénégal, a pris la parole pour demander une suspension immédiate des convois vers le Mali.« Ce n’est pas le gouvernement qui prend le volant ! Le danger, c’est pour nous, les chauffeurs. Il faut savoir dire stop », alerte-t-il.Selon lui, les risques sont devenus incontrôlables : embuscades, enlèvements, rackets. Malgré les échanges politiques entre Dakar et Bamako, rien ne garantit la sécurité des hommes et des marchandises. Il regrette aussi que certains opérateurs soient contraints de continuer, faute d’alternative pour rejoindre le Burkina Faso ou le Niger — deux pays enclavés qui dépendent du corridor malien.Le Sénégal, tout comme ses voisins, observe avec une inquiétude croissante l’extension du conflit malien, initialement concentré dans le centre et le nord, mais qui touche désormais des zones jusqu’ici relativement épargnées. Pour les transporteurs, le dilemme est simple : continuer au risque de perdre des vies, ou interrompre les liaisons, au risque de voir s’effondrer des pans entiers du commerce régional.
La Rédaction

