Les autorités sénégalaises ont mis au jour un réseau international d’exploitation sexuelle de jeunes filles nigérianes, à la faveur d’une opération menée dans le sud-est du pays. À Kharakhéna, un village de la région de Kédougou, une femme a été arrêtée pour traite de personnes après la libération de dix victimes, dont plusieurs mineures, exploitées dans des conditions inhumaines.
L’opération a été menée par l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), qui a identifié un système structuré opérant entre le Nigéria, le Bénin et le Sénégal. La suspecte, désormais déférée devant le procureur près le Tribunal de grande instance de Kédougou, aurait acquis chaque jeune fille pour environ 600 000 francs CFA (environ 1 000 dollars US) avant de les faire venir au Sénégal à travers un réseau de complices.
Les victimes, toutes originaires du Nigéria, devaient rembourser 2 millions de francs CFA chacune (plus de 3 000 dollars US) à leur exploiteuse, montant prétendument lié aux frais de transport et d’installation. Ce mécanisme de remboursement, typique des réseaux de traite, installe les victimes dans un cycle de dette et de soumission, les privant de tout recours.
L’enquête a mis en lumière un système criminel bien rodé : faux papiers, itinéraires complexes, complicité de passeurs dans plusieurs pays de la sous-région. Les jeunes filles ont été prises en charge par un centre d’accueil spécialisé, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller les autres membres du réseau, notamment ceux opérant depuis le Nigéria et le Bénin.
Ce démantèlement intervient dans un contexte où la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée chaque 30 juillet, rappelle l’urgence de combattre ces crimes invisibles qui touchent des milliers de femmes et d’enfants à travers le monde, souvent dans l’ombre des flux migratoires.
La Rédaction

