Le riz Barabara, variété prisée pour ses qualités gustatives uniques, est bien plus qu’un simple aliment en Guinée. Cet ingrédient essentiel, cultivé principalement dans la région forestière, reflète les défis et opportunités d’un secteur agricole qui représente 27,3 % du PIB national et fait vivre 80 % des populations rurales. Mais aujourd’hui, ce riz local est en proie à une rareté alarmante et un prix qui le rend inaccessible pour beaucoup.
Un riz apprécié, mais coûteux
Reconnu pour sa texture légère et son goût distinct, le riz Barabara est devenu un produit de luxe pour de nombreux Guinéens. “Le riz importé, comme celui du Bangladesh, est vendu à 7 000 francs guinéens le kilo, tandis que le Barabara local coûte entre 8 000 et 8 500 francs”, explique Halimatou Bah, négociante à Conakry. Et pourtant, malgré son prix élevé, il devient difficile de le trouver sur les marchés.
Cette situation met en lumière les défis structurels de la filière : des infrastructures de stockage et de transformation insuffisantes, un accès limité aux technologies modernes, et des méthodes de culture souvent manuelles qui ralentissent la production.
Des producteurs découragés
Adèle Soumaoro, autrefois commerçante spécialisée dans le riz Barabara, a dû abandonner cette activité. “Le manque de moyens dans les zones rurales est criant. Beaucoup cultivent encore à la main. Cette situation rend la culture peu rentable”, déplore-t-elle.
Les difficultés ne s’arrêtent pas à la production. Sur les marchés, les commerçants comme Halimatou Bah appellent à l’aide : “Même avec 50 000 francs, il est difficile de trouver un riz de qualité. Nous demandons au gouvernement de nous soutenir, car la situation devient insoutenable.”
Une quête d’autosuffisance alimentaire
En Guinée, le riz est au cœur des habitudes alimentaires et représente 40 % des importations totales. Conscient de l’importance stratégique de cette céréale, le gouvernement s’efforce de réduire la dépendance aux importations en augmentant la production locale.
En 2023, grâce à des efforts soutenus, la production nationale a couvert 65 % des besoins en riz du pays, selon le ministère de l’Économie et des Finances. Un progrès notable par rapport à la moyenne régionale en Afrique de l’Ouest. Les importations ont ainsi baissé de 9 % entre 2022 et 2023, et une hausse de 12 % de la production est attendue pour 2024.
Moderniser pour préserver
Pour inverser la tendance, les autorités, avec le soutien d’organisations internationales et de partenaires privés, s’attèlent à moderniser la filière. Des formations techniques, l’amélioration des capacités de transformation et le développement des infrastructures agricoles sont en cours. L’objectif est clair : rendre le riz Barabara accessible, abordable et compétitif face aux produits importés.
Le chemin est encore long, mais les initiatives en cours pourraient bien redonner à cette variété emblématique sa place sur les tables guinéennes. En attendant, le riz Barabara demeure un symbole des défis et des espoirs liés à l’agriculture locale.
La Rédaction

