Le Sahel pourrait bien connaître un tournant décisif dans sa coopération régionale. Le Mali et le Burkina Faso, deux nations en proie à de multiples défis sécuritaires et économiques, unissent leurs forces à travers un projet inédit : la création de l’Union des Collectivités de l’AES (Alliance des États du Sahel). Cette initiative vise à renforcer la collaboration entre les collectivités territoriales des deux pays, dans l’espoir de relever les défis communs qui affectent la région.
Ce vendredi, une délégation interrégionale malienne et burkinabè a été reçue par le Premier ministre malien, le Général Abdoulaye Maïga. Conduite par Abdoulaye Garba Maïga, Président du Conseil régional de Mopti, la délégation comprenait également les présidents des conseils régionaux de Ségou et du Centre du Burkina Faso, ainsi que des représentants d’associations régionales des deux pays. Leur objectif principal était de solliciter le soutien des gouvernements pour la mise en place de cette nouvelle entité, censée renforcer la coopération entre les collectivités transfrontalières et, plus largement, stimuler la solidarité au sein de la région sahélienne.
Dans son discours, le Premier ministre malien a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour le développement et la sécurité des deux pays. Il a également mis l’accent sur la nécessité de créer des mécanismes de défense commune face aux menaces croissantes, tout en appelant à une vigilance collective pour protéger les populations locales des risques sécuritaires. Cette rencontre marque un tournant, tant symbolique que pratique, dans l’histoire de la coopération sahélienne, en illustrant la volonté des acteurs locaux de faire front ensemble contre les défis communs.
L’annonce de la création de l’Union des Collectivités de l’AES s’inscrit dans une dynamique plus large d’intégration régionale. La veille de cette rencontre, le président de l’AES, le Général Assimi Goïta, a annoncé le lancement des nouveaux passeports confédéraux, prévus pour entrer en circulation à partir du 29 janvier 2025. Ce geste s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les liens entre les pays du Sahel, en dehors des cadres institutionnels traditionnels. Le lancement de ces passeports confédéraux et la création de l’Union des Collectivités sont des signes forts de l’engagement des trois pays (Mali, Burkina Faso et Niger) dans un projet d’intégration régionale autonome.
Cette double annonce intervient dans un contexte de retrait de ces pays de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), un acte symbolique qui témoigne de leur volonté de s’affranchir des structures régionales classiques pour bâtir une nouvelle alliance plus solidaire et plus adaptée aux réalités du Sahel. En avançant vers l’Union des Collectivités de l’AES et en introduisant des passeports confédéraux, ces nations aspirent à tracer un chemin autonome, guidé par la coopération locale et régionale.
La Rédaction

