La déclaration suscite déjà une vive polémique dans le pays. Ce 8 août, le ministre de la Sécurité du Niger, Mahamadou SANA a exhorté ses citoyens à signaler les voisins et activités suspectes au nom de la sécurité nationale « le ministre de la Sécurité (…) réitère son appel à une vigilance accrue des vaillantes populations burkinabè et les exhorte à signaler tout individu, mouvement ou objet suspect », a indiqué le ministère de la Sécurité dans un communiqué.
Dans le même communiqué, on peut lire que le ministère met en garde les citoyens contre le stationnement prolongé à proximité de sites sensibles, la prise de photos d’installations sensibles et la fourniture d’informations telles que les positions des forces de sécurité, les sites ou les itinéraires stratégiques qui pourraient faciliter une attaque terroriste. Les propriétaires de voitures ou de maisons sont aussi invités à recueillir des informations adéquates sur les locataires avant de conclure tout contrat avec ces derniers.
Pour certains, cette décision pourrait créer un climat de suspicion généralisée dans le pays, ce qui finira par nuire à la lutte anti-terroriste. À plusieurs reprises, les groupes de défense des droits de l’homme et les Nations unies ont accusé à l’armée burkinabè de graves exactions commises contre des civils soupçonnés de collaborer avec les jihadistes. Le pays a toujours rejeté ces accusations. Avec cette nouvelle sortie du ministre de la Sécurité, ces organisations craignent que les exactions commises contre les populations accusées à tort ou à raison d’aider des terroristes ne se multiplient.
La Rédaction

