La Haute Cour de Southwark a prononcé l’acquittement de Diezani Alison-Madueke, ancienne ministre nigériane du pétrole, poursuivie pour corruption présumée. Après plusieurs années d’enquête, les jurés ont rejeté l’ensemble des accusations portées par la National Crime Agency.
LONDRES, juin 2026 — La justice britannique a mis un terme, mercredi, à l’une des affaires de corruption les plus suivies impliquant une ancienne figure du gouvernement nigérian. Diezani Alison-Madueke, qui a dirigé le ministère du Pétrole entre 2010 et 2015 sous la présidence de Goodluck Jonathan, a été déclarée non coupable par la Southwark Crown Court.
L’ex-ministre faisait face à plusieurs chefs d’accusation liés à des soupçons de corruption, de complot et d’enrichissement illicite présumé.
Un dossier centré sur les circuits pétroliers nigérians
Au cœur de l’enquête figuraient des allégations selon lesquelles elle aurait bénéficié, durant son mandat, d’avantages matériels importants au Royaume-Uni. Les enquêteurs évoquaient notamment la prise en charge de dépenses personnelles, l’usage de résidences luxueuses, de services privés et divers privilèges attribués dans un contexte de relations supposées avec des acteurs du secteur pétrolier cherchant à obtenir des contrats auprès de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC).
La défense a contesté ces éléments, affirmant que les avantages mentionnés relevaient soit d’obligations liées à ses fonctions officielles, soit de mécanismes de remboursement, et a remis en cause la cohérence globale du dossier d’accusation.
Un verdict sans équivoque après de longues délibérations
Après plus de quarante heures de discussions, les jurés ont conclu à l’absence de culpabilité sur les six chefs retenus. Deux autres personnes poursuivies dans la même affaire, Olatimbo Ayinde et Doye Agama, ont également été acquittées.
Le dossier portait sur des flux financiers et des soupçons d’intermédiation dans l’attribution de contrats pétroliers, dans un secteur déjà marqué par de fortes controverses sur la gouvernance et la transparence.
Une affaire emblématique des limites des poursuites transnationales
À l’annonce du verdict, Diezani Alison-Madueke a décrit la procédure comme une longue épreuve personnelle, marquée par plus d’une décennie de contentieux et d’enquêtes. Ses avocats ont, de leur côté, dénoncé les lenteurs procédurales et certaines difficultés d’accès aux pièces du dossier.
La justice britannique a pour sa part rappelé la complexité particulière des affaires impliquant d’anciens responsables étrangers et des circuits financiers internationaux, où la charge probatoire repose sur des reconstitutions souvent fragmentées.
Un dossier clos à Londres, mais encore ouvert à l’international
Si cette décision clôt les poursuites au Royaume-Uni, l’ancienne ministre reste concernée par d’autres procédures en cours à l’étranger, notamment aux États-Unis. Au Nigeria, plusieurs enquêtes connexes ont déjà conduit à des saisies d’actifs.
Première femme à avoir présidé l’OPEC entre 2014 et 2015, Diezani Alison-Madueke demeure associée à l’un des dossiers politico-financiers les plus sensibles de la dernière décennie en Afrique de l’Ouest, illustrant la difficulté à juger des affaires impliquant des réseaux transnationaux complexes.
La Rédaction

