À peine investi, le nouveau chef de l’État béninois engage une restructuration méthodique de l’appareil gouvernemental. Lors de son premier Conseil des ministres, Romuald Wadagni a défini les premiers marqueurs de son action : réorganisation du rythme institutionnel, retour du ministère de la Communication et affirmation d’une doctrine fondée sur la discipline administrative et l’urgence sociale.
Quelques jours après avoir succédé à Patrice Talon, Romuald Wadagni a donné le ton de son septennat à Cotonou.
L’ancien ministre de l’Économie et des Finances, connu pour sa rigueur technocratique, entend installer une gouvernance structurée, où la méthode compte autant que le cap politique. Ce premier Conseil des ministres marque ainsi moins une prise de contact qu’une mise en ordre de l’exécutif.
Rationalisation de l’exécutif et nouveau tempo gouvernemental
Le premier changement majeur concerne la cadence des réunions gouvernementales, désormais repensée autour d’un rythme mensuel.
Les Conseils des ministres ordinaires se tiendront chaque premier mercredi du mois, tandis que des sessions extraordinaires pourront être convoquées en fonction des urgences nationales.
Ce nouveau dispositif s’accompagne d’une restructuration du fonctionnement interne de l’exécutif, avec un renforcement des instances de coordination et de suivi entre les grandes réunions gouvernementales. L’objectif affiché est de fluidifier les arbitrages tout en améliorant la préparation technique des décisions publiques.
Le retour du ministère de la Communication et la bataille de l’information
Autre décision notable : la réactivation du ministère de la Communication, disparu sous le précédent mandat.
Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a écarté toute interprétation politique négative de ce choix, évoquant une simple adaptation institutionnelle.
Le portefeuille est désormais confié à Aurélie Adam Soulé Zoumarou, avec pour mission de renforcer les relations entre l’exécutif, les médias et l’environnement numérique.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large où la maîtrise de l’information devient un enjeu stratégique, à l’heure où les réseaux sociaux et les dynamiques numériques redéfinissent la circulation de l’opinion publique.
Priorités du septennat : sécurité, équité sociale et exemplarité
Au-delà des réformes institutionnelles, le chef de l’État a fixé les axes majeurs de son mandat.
La réduction de la pauvreté figure parmi les priorités centrales, avec une volonté d’ancrer le développement dans une logique territoriale plus équilibrée.
La sécurité nationale reste également un pilier structurant, dans un contexte régional marqué par la pression persistante des groupes armés et les dynamiques d’instabilité sahélienne.
Enfin, le président béninois a insisté sur une exigence forte de gouvernance publique, appelant ses ministres à incarner une gestion fondée sur la sobriété, l’intégrité et le sens du service public.
La Rédaction

