La République démocratique du Congo (RDC) réajuste sa position concernant le retrait de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco). Alors qu’un retrait rapide était exigé l’année dernière, Kinshasa plaide désormais pour une approche graduelle et coordonnée. Cette nouvelle stratégie vise à renforcer les capacités des forces locales tout en ciblant spécifiquement les zones où la situation reste fragile.
Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations Unies, les autorités congolaises proposent d’abandonner le retrait par province au profit d’une évaluation par zones. Ce changement d’approche, selon Kinshasa, permettrait de mieux adapter la transition aux réalités du terrain et d’assurer une sécurité plus durable.
Un premier bilan mitigé
Le plan initial se déclinait en trois étapes : un retrait successif au Sud-Kivu, au Nord-Kivu et en Ituri. Si le gouvernement congolais affirme avoir mené à bien la première phase dans le Sud-Kivu, la réalité sur le terrain nuance ce succès. La reprise de la base de Kamanyola en février dernier a révélé des failles importantes. Les policiers congolais déployés dans la plaine de la Ruzizi pour remplacer les casques bleus se retrouvent sous-équipés et en effectifs insuffisants, loin des capacités de la Monusco.
Ces difficultés mettent en lumière les défis d’une transition prématurée et mal préparée. Cela a conduit Kinshasa à préconiser une évaluation approfondie avant chaque étape de retrait, en s’assurant que les forces locales soient prêtes à prendre le relais, notamment dans la protection des civils.
Une coopération renforcée avec les partenaires régionaux
Dans le cadre de cette transition, la Monusco est également invitée à intensifier sa collaboration avec les initiatives régionales. La Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en RDC, connue sous le nom de SAMIDRC, joue un rôle clé dans la coordination des efforts civils et militaires. Kinshasa appelle à un partage accru des informations et à une aide logistique renforcée pour appuyer cette synergie régionale.
Mettre en lumière les enjeux territoriaux
Enfin, Kinshasa insiste pour que le mandat renouvelé de la Monusco reconnaisse explicitement la présence illégale de près de 4 000 soldats rwandais des Forces de Défense du Rwanda (RDF) sur le territoire congolais. Cette occupation, confirmée par des rapports des Nations Unies, constitue une préoccupation majeure pour les autorités, qui exigent que cette question soit intégrée aux priorités de la mission onusienne.
En misant sur une approche mesurée, la RDC espère réussir un désengagement équilibré, où la stabilité sécuritaire et la souveraineté nationale seront préservées.
La Rédaction

