Alors que l’élection présidentielle approche au Cameroun, le Grand Nord se retrouve une fois de plus au cœur des débats politiques. Cette vaste région, qui regroupe l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua, a longtemps été un bastion électoral stratégique. Mais aujourd’hui, un vent de contestation semble souffler, porté par des personnalités influentes et des acteurs de la société civile.
Un sentiment d’abandon grandissant
Historiquement, le Grand Nord a toujours joué un rôle central dans l’échiquier politique camerounais. Toutefois, ces dernières années, un sentiment de marginalisation s’est renforcé parmi ses habitants. Malgré son poids démographique et électoral, cette région reste l’une des plus défavorisées du pays, souffrant d’un accès limité aux infrastructures, à l’éducation et aux opportunités économiques.
Les dignitaires et leaders locaux ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme, appelant le pouvoir central à davantage de considération. Mais ces appels n’ont pas toujours été suivis d’effets, renforçant ainsi le mécontentement d’une partie de la population.
L’appel au changement
Récemment, un collectif de figures influentes du Grand Nord a publié une communication sous le titre « Appel des partisans du changement du Grand Nord pour un sursaut républicain en vue de la présidentielle ». Derrière cet appel, une volonté de peser plus fortement sur l’avenir politique du pays et, pour certains, de tourner la page du régime actuel.
Cet engagement n’est pas anodin. Il traduit un basculement progressif d’une région qui, bien que fidèle à Paul Biya lors des précédents scrutins, semble aujourd’hui plus divisée. Certains cadres du parti au pouvoir maintiennent leur soutien au président, tandis qu’une frange de la société civile plaide pour une alternance plus radicale.
Un enjeu crucial pour l’élection présidentielle
À sept mois du scrutin, la question du Grand Nord devient ainsi un enjeu clé pour les forces politiques en lice. Le camp présidentiel cherchera à consolider son ancrage historique dans la région, tandis que l’opposition tentera d’y capter une partie du vote contestataire.
Mais au-delà des calculs électoraux, une question demeure : le Grand Nord obtiendra-t-il enfin la reconnaissance et les investissements qu’il réclame ? Plus qu’un simple débat politique, c’est l’avenir socio-économique de millions de Camerounais qui se joue dans cette dynamique.
La Rédaction

