Le processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) marque le pas. Alors que les délégations restent réunies depuis plusieurs jours dans le cadre du processus de Doha, les affrontements reprennent de plus belle dans l’Est du pays, révélant un fossé grandissant entre les discussions diplomatiques et la réalité militaire.Les hostilités reprennent au Nord- et au Sud-KivuSur le terrain, les combats se multiplient : au Sud-Kivu, dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, et au Nord-Kivu, notamment dans le territoire de Walikale. Ces affrontements soulignent la fragilité du processus en cours et renforcent la défiance entre les belligérants.Lire aussi : RDC – M23. Une déclaration de Doha pour bâtir la paix dans l’est congolaisAccusations croisées et victimes collatéralesL’AFC/M23 accuse Kinshasa d’avoir multiplié les attaques contre ses positions. De leur côté, les Forces armées de la RDC (FARDC) reprochent au mouvement rebelle d’avoir incendié plusieurs maisons fin août dans le territoire de Masisi. L’armée congolaise l’accuse également d’avoir arrêté et détenu illégalement plusieurs jeunes, dont des mineurs, utilisés « tantôt comme pisteurs, tantôt comme boucliers humains » dans la région de Walikale.Lire aussi : RDC. Le M23 s’empare de Walikale, le cessez-le-feu vole en éclatsBras de fer politique entre Tshisekedi et NangaaSur le plan politique, le climat est tout aussi tendu. Le président Félix Tshisekedi, dans un discours le 30 août, a réaffirmé son refus de dialoguer avec « des Congolais inféodés aux pays étrangers », insistant sur un dialogue réservé à « ceux qui veulent construire le pays ».Deux jours plus tard, à Goma, Corneille Nangaa, coordinateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), a dénoncé la volonté de Kinshasa d’imposer l’épreuve de force et a averti : « Tenez-le pour dit, il y aura une réponse appropriée, jusqu’à la neutralisation de la menace à la source. »Un processus de Doha fragiliséMalgré ces tensions, aucune partie n’a officiellement claqué la porte des négociations. Mais les divergences restent profondes : Kinshasa refuse de reconnaître le mouvement rebelle comme interlocuteur légitime, tandis que l’AFC/M23 réclame des garanties de sécurité et une reconnaissance politique. Cette impasse fragilise encore un processus de paix déjà incertain, laissant planer le risque d’une nouvelle escalade militaire dans l’Est du Congo.
La Rédaction

