À Nairobi, la crise du logement atteint des sommets, laissant des milliers de Kényans dormir dans la rue. À la tombée de la nuit, de nombreux jeunes et familles n’ont d’autre refuge que les trottoirs de la capitale, affrontant le froid et la faim après une journée éprouvante.
En 2019, environ 20 000 personnes vivaient déjà sans domicile fixe à Nairobi. Selon les organisations locales, ce chiffre aurait plus que triplé depuis, traduisant une aggravation inquiétante de la précarité. « Je vis dans la rue depuis 10 ans. Les difficultés sont nombreuses : il fait très froid la nuit, nous avons souvent faim, les enfants pleurent, et la police nous frappe généralement la nuit », témoigne un sans-abri.
Dans les bidonvilles comme Kibera, le logement reste le seul recours pour ceux qui disposent de faibles revenus. Mais même ici, le coût des maisons de fortune augmente, obligeant certains Kényans à choisir entre se nourrir ou se loger. La crise touche toutes les couches de la population : enfants, jeunes et familles entières. En 2019, 33,6 % des Kényans, soit 15,8 millions de personnes, vivaient en dessous du seuil de pauvreté national.
« Je paie environ 2 000 shillings (17 dollars) par mois pour cette maison en terre, en mauvais état, avec un toit qui fuit. Le propriétaire est strict : si je ne paie pas à temps, il ferme la porte ou jette mes affaires. Je suis obligée de travailler dur juste pour payer un toit », explique une habitante de Kibera.
Pour tenter de répondre à cette crise, le président kenyan William Ruto a inauguré en mai dernier un premier lot de logements destinés aux habitants de Nairobi. Mais ce projet suscite des critiques, notamment concernant son modèle de financement et la charge fiscale qu’il impose aux salariés, laissant planer des questions sur son accessibilité réelle pour les plus vulnérables.
La Rédaction

