Ce jeudi 3 septembre 2026 à Kinshasa, le plasticien congolais Meschack Kadima célèbre une décennie de création à travers une exposition réunissant plus d’une vingtaine d’œuvres inédites. Peinture à l’huile, verre, corde, clous et création numérique y font dialoguer l’esthétique kuba avec les images et les blessures du Congo contemporain.
Kinshasa – Dix années de recherche, d’expérimentation et de création trouvent ce 3 septembre un point de rencontre. Connu sous le nom de M. Kadima, Meschack Kadima présente à Kinshasa une nouvelle collection conçue à l’occasion de ses dix ans de carrière artistique.
Plus de vingt œuvres encore jamais exposées composent cette rétrospective particulière. L’artiste y multiplie les matériaux et les techniques : peintures à l’huile, gravures sur verre, compositions réalisées avec des cordes et des clous, mais aussi créations numériques. Une diversité qu’il présente comme une rencontre entre les matières, les techniques et les époques.
L’esthétique kuba regardée depuis le présent
Au centre de cette nouvelle collection se trouve l’univers esthétique kuba, dont les formes géométriques, les motifs et les constructions visuelles constituent une référence majeure du patrimoine artistique congolais.
Meschack Kadima ne cherche cependant pas à reproduire cet héritage à l’identique. Il le confronte aux images contemporaines et à son propre langage plastique. L’artiste décrit lui-même sa démarche comme un dialogue entre une esthétique ancestrale et le regard d’un descendant d’aujourd’hui.
Cette approche rejoint un fil constant de son travail : utiliser l’art pour interroger l’histoire congolaise, la société et la mémoire collective. Il s’est notamment intéressé à Patrice Lumumba, qu’il considère comme une figure dont les artistes doivent contribuer à préserver la mémoire.
Quand créer devient aussi une manière de guérir
Cette exposition possède également une dimension plus intime. Meschack Kadima a vécu dix ans à Goma, dans l’est de la RDC, région profondément marquée par les conflits armés. Il explique que cette expérience a façonné sa relation à la création.
Pour lui, la peinture a progressivement pris une fonction thérapeutique, lui permettant d’affronter et d’apaiser certains traumatismes liés à la guerre. L’art devient alors simultanément mémoire, expression et outil de reconstruction personnelle.
En célébrant dix ans de carrière, Meschack Kadima ne propose donc pas seulement un bilan. Cette nouvelle exposition relie trois dimensions de son parcours : l’héritage culturel dont il se réclame, les réalités contemporaines qu’il observe et les blessures personnelles que la création lui permet de transformer.
À Kinshasa, ces vingt œuvres inédites racontent ainsi une décennie pendant laquelle l’artiste aura cherché moins à choisir entre tradition et modernité qu’à les faire converser.
La Rédaction

