Au Nord-Kivu, les rebelles du mouvement du 23 mars continuent d’avancer malgré la mise en vigueur immédiate ce dimanche 4 août du décret de cessez-le-feu conclu à Luanda entre la RDC et le Rwanda, sous l’égide de l’Angola.
Un cessez-le-feu a été conclu à Luanda entre la RDC et le Rwanda, négocié par l’Angola, et est entré en vigueur ce dimanche 4 août. Mais ce mercredi 07 août, le mouvement du 23 mars continue d’avancer vers le nord et en moins de 24 heures s’est emparé de l’enclave d’Ishasha, une localité frontalière de l’Ouganda sans combat avec les forces loyalistes.
Après l’annonce de la signature de l’accord du cessez-le-feu, les responsables du M23 sont montrés au créneau pour signifier qu’ils ne se sentent pas automatiquement liés par cet accord tant qu’ils ne sont pas présents à la table de la négociation avec les autorités de Kinshasa. Les experts de l’ONU affirment que les rebelles sont soutenues par l’Ouganda et le Rwanda.
Ces avancées inquiètent une partie de la population et leur déplacement au-delà des frontières. D’ores et déjà le porte-parole du gouverneur militaire de la province, le lieutenant Jules Ngongo a tiré la sonnette d’alarme : « Les informations en notre possession renseignent que le M23 est déjà en liaison avec la milice Zaïre que dirige Thomas Lubanga, président du parti politique Union des patriotes congolais (UPC) et qui vit actuellement en cachette. Et ils veulent prendre le contrôle du littoral du lac Albert et entrer par Tchomia et Kasenyi ».
Un premier accord avait fait taire les armes durant quelques semaines, en décembre 2023, pendant la tenue des élections générales. Une « trêve humanitaire » avait été négociée par les États-Unis au mois de juillet, mais a été régulièrement violée. Cette fois-ci, le médiateur angolais avait pesé de tout son poids pour imposer la fin des combats afin de créer « les conditions pour une désescalade ». Mais force est de constater que l’initiative angolaise n’est pas pour l’instant une réussite.
La Rédaction

