Dans un communiqué ce mercredi 14 aout, le SYNAMAC, Syndicat Autonome des Magistrats du Congo a répondu aux récentes déclarations du ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba. Il accuse le ministre de mener une campagne de discrédit contre le corps des magistrats, et soulève les problèmes qui affectent le système judiciaire en RDC.
Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a récemment intensifié ses critiques envers le corps judiciaire, dénonçant ce qu’il appelle des « réseaux mafieux » au sein du système, et s’engage à réformer profondément le secteur avec le soutien du président Felix Tshisekedi : « Le Chef de l’État nous a nommés pour redresser notre justice et redorer son image. Rien n’arrêtera cet engagement ferme du Magistrat suprême. Les réformes courageuses en cours vont se poursuivre à la satisfaction générale de notre peuple. Des réseaux mafieux démasqués craquent déjà. Seule la justice élève une Nation. » A-t-il déclaré.
Le ministre a ainsi mis en place une Commission nationale mixte chargée d’enquêter sur les pratiques mafieuses dans le système judiciaire. Cette commission est censée se déployer sur l’ensemble du territoire pour recueillir les plaintes des justiciables concernant des actes de corruption, d’escroquerie, et d’autres pratiques illégales. « La population est appelée à dénoncer, en produisant les preuves nécessaires, tout comportement mafieux lié à l’administration de la justice », a déclaré Mutamba. Le ministre a également resoumis à l’Assemblée nationale quatre textes de loi pour renforcer les réformes judiciaires en cours, dont des textes de loi sur l’organisation de l’ordre judiciaire, le Conseil Supérieur de la Magistrature, le statut des magistrats, et le barreau. Ces initiatives, selon lui, sont cruciales pour moderniser et assainir le système judiciaire en RDC.
Dans son communiqué ce mercredi, le SYNAMAC a dénoncé ce qu’il considère comme une rhétorique « populiste et outrageante », visant à faire des magistrats les boucs émissaires des dysfonctionnements du système judiciaire. « Ces discours populistes exposent davantage les magistrats, dont la sécurité est déjà précaire ou pas du tout assurée ». Le SYNAMAC a également critiqué la création de « tribunaux populaires » où le ministre, selon eux, se comporte à la fois comme juge et procureur, remettant en cause les décisions judiciaires et ordonnant des arrestations. « Dans un État de droit, le seul moyen d’attaquer une décision de justice demeure les voies de recours prévues par le législateur », rappelle le syndicat.
Cette confrontation entre le ministère de la Justice et les magistrats illustre une fois de plus les tensions croissantes autour des réformes du système judiciaire en RDC, alors que le gouvernement tente de redorer l’image de la justice dans un pays souvent critiqué pour la corruption et l’impunité.
La Rédaction

