En 2024, les relations commerciales entre l’Afrique et l’Union européenne (UE) dans le secteur agroalimentaire ont connu une dynamique notable, marquée par des progressions spectaculaires des exportations de certains pays africains. Cependant, ce tableau encourageant met également en lumière les défis structurels et stratégiques à relever pour pérenniser cette croissance.
Une hausse globale des importations de l’UE
À fin septembre 2024, les importations agroalimentaires mondiales de l’UE ont augmenté de 4 %, atteignant 124,9 milliards d’euros. Dans le même temps, ses exportations progressaient de 2 %, totalisant 175,5 milliards d’euros. Parmi les partenaires commerciaux de l’UE, plusieurs pays africains se sont imposés comme des fournisseurs stratégiques, notamment dans des segments clés tels que le cacao, les fruits, et l’huile d’olive.
Côte d’Ivoire et Nigeria : des croissances spectaculaires
Les performances de la Côte d’Ivoire et du Nigeria illustrent bien cette montée en puissance. La Côte d’Ivoire a enregistré une hausse de 57 % de ses exportations agroalimentaires vers l’UE, atteignant 4,74 milliards d’euros grâce à la flambée des prix du cacao. Le Nigeria, de son côté, a vu ses ventes tripler, passant à 1,27 milliard d’euros (+150 %). Ces chiffres témoignent de l’importance croissante de ces deux pays dans la sécurisation des approvisionnements alimentaires de l’UE.
Le Maroc et l’Afrique du Sud dans la cour des grands
Le Maroc et l’Afrique du Sud poursuivent également leur progression. Avec une augmentation de 5 %, les exportations marocaines se sont élevées à 2,48 milliards d’euros, consolidant leur place parmi les 15 principaux fournisseurs de l’UE. L’Afrique du Sud, quant à elle, demeure un acteur clé dans l’exportation de fruits et de noix, des segments porteurs sur le marché européen.
L’huile d’olive tunisienne en pleine ascension
La Tunisie s’est distinguée en 2024 par un boom de ses exportations d’huile d’olive, en hausse de 54 % en valeur, soutenues par des prix mondiaux élevés. Ce produit phare, prisé par les consommateurs européens, renforce le rôle de la Tunisie dans les échanges agroalimentaires euro-africains.
Un potentiel sous-exploité
Malgré ces performances, la part des pays africains dans les importations agroalimentaires totales de l’UE reste inférieure à 10 %. Cette faible représentation s’explique par des défis persistants : manque de diversification des produits exportés, dépendance aux matières premières comme le cacao, et contraintes logistiques et sanitaires. Une meilleure structuration des filières locales et l’ajout de valeur aux produits exportés pourraient permettre aux pays africains de s’imposer davantage sur ce marché.
L’UE et ses exportations vers l’Afrique
En sens inverse, les exportations européennes vers l’Afrique montrent des signes d’essoufflement. Le Maroc, principal débouché africain des produits agroalimentaires de l’UE, a vu ces importations baisser de 9 %, une tendance qui s’explique par des difficultés économiques locales et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Vers un partenariat renforcé
Dans un contexte global marqué par des tensions commerciales et une instabilité des chaînes d’approvisionnement, l’UE pourrait trouver en l’Afrique un partenaire stratégique pour diversifier ses sources d’importations alimentaires. Cependant, ce partenariat devra s’accompagner d’investissements ciblés et de politiques commerciales équilibrées pour maximiser les retombées économiques des deux côtés.
Le défi reste de taille, mais les performances de 2024 montrent que les bases d’une coopération fructueuse sont déjà posées.
La Rédaction

