La CEDEAO a pris position pour défendre le Nigeria face aux récentes accusations portées par le Niger. Ce dernier a affirmé que son voisin abritait des activités visant à déstabiliser son régime. Une controverse qui illustre les fractures politiques et sécuritaires au sein de l’Afrique de l’Ouest.
Des accusations graves de Niamey
Le général Abdourahamane Tchiani, chef de la junte militaire du Niger, a pointé du doigt le Nigeria dans une déclaration diffusée le jour de Noël. Selon lui, deux ressortissants français expulsés pour des actes antigouvernementaux seraient protégés par Abuja. Il a aussi accusé la France d’utiliser le territoire nigérian pour armer des groupes terroristes opérant dans la région du lac Tchad, notamment près de Sokoto, où un supposé bastion nommé « Lakurawa » aurait été établi.
Ces propos, mêlant géopolitique et accusations sécuritaires, reflètent la méfiance croissante du Niger envers ses voisins et ses anciens partenaires stratégiques, notamment la France.
La réponse ferme de la CEDEAO
En réaction, la CEDEAO a rejeté ces accusations qu’elle considère infondées. Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation régionale a souligné le rôle du Nigeria en tant que pilier de paix en Afrique de l’Ouest. « Il est inconcevable qu’un pays ayant œuvré pour la stabilité régionale soit suspecté de soutenir des actions terroristes », a-t-elle déclaré, appelant à la prudence face aux discours polarisants.
Le démenti d’Abuja
Le gouvernement nigérian n’a pas tardé à répondre par une déclaration ferme. Mohammed Idris, ministre de l’Information, a démenti toute connivence avec la France ou toute implication dans des projets visant à déstabiliser le Niger. Déjà, une mise au point officielle avait été faite le 21 décembre pour rejeter ces allégations, précisant qu’aucune activité militaire étrangère suspecte n’était signalée dans le nord du Nigeria.
Un climat de défiance généralisée
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte où les relations entre le Niger, ses voisins et la CEDEAO se sont considérablement détériorées. Depuis le coup d’État de juillet 2023, la junte nigérienne s’est éloignée des alliances traditionnelles, alimentant un discours anti-français et contestant l’autorité de la CEDEAO.
Alors que les accusations fusent de part et d’autre, cette crise met en lumière les défis persistants de coopération et de stabilité dans une région marquée par les insurrections djihadistes et les rivalités politiques.
La Rédaction

