Dans les régions septentrionales du Togo, l’accès aux services essentiels ne relève plus seulement de l’urgence humanitaire. Il s’impose désormais comme un choix politique structurant, pensé sur le long terme, et assumé comme un levier de stabilité sociale. C’est dans cette perspective qu’un nouveau programme d’envergure a été officiellement lancé, plaçant les enfants et les jeunes du Nord au cœur d’une stratégie intégrée mêlant santé, éducation, eau, hygiène et cohésion communautaire.
Plutôt qu’une juxtaposition de projets sectoriels, l’initiative repose sur une architecture globale. Elle vise à répondre simultanément aux fragilités sanitaires, éducatives et sociales qui touchent les enfants âgés de 0 à 18 ans dans les régions des Savanes et de la Kara, territoires souvent exposés aux vulnérabilités structurelles et aux tensions sociales latentes.
Porté par l’État togolais en collaboration étroite avec le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), le programme s’inscrit dans une logique de continuité et de durabilité. Prévu pour s’étendre jusqu’en 2029, il entend renforcer l’accès à des soins de santé de qualité tout en améliorant significativement les infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement, notamment dans les établissements scolaires et les communautés rurales.
Au-delà des infrastructures et des indicateurs techniques, l’approche revendique un parti pris clair : la cohésion sociale comme condition de réussite. En favorisant des services accessibles, équitables et partagés, le projet ambitionne de réduire les fractures territoriales et sociales qui compromettent trop souvent le développement de l’enfant. L’enjeu n’est pas seulement de soigner ou d’équiper, mais de créer un environnement protecteur, capable d’offrir aux plus jeunes des perspectives durables.
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Tessi, a inscrit cette initiative dans la continuité de l’action gouvernementale en faveur des populations vulnérables. Il a rappelé que la protection de l’enfance, l’accès aux soins, à l’éducation et aux services sociaux de base constituent désormais des piliers centraux des politiques publiques togolaises.
Depuis plusieurs années, le volet social s’affirme comme un axe stratégique de l’action publique. Qu’il s’agisse de santé, d’éducation ou de protection sociale, les autorités multiplient les dispositifs visant à améliorer durablement les conditions de vie, avec une attention particulière portée aux enfants et aux jeunes, perçus comme le socle du développement national.
Dans un contexte régional marqué par de multiples défis, ce programme traduit une conviction forte : investir dans l’enfance du Nord, c’est investir dans la résilience du pays tout entier.
La Rédaction

