La troisième étape du Tour cycliste international du Togo a offert un spectacle haletant ce mercredi. Le Burkinabè Bouda Rassid a remporté l’étape avec brio, s’emparant au passage du maillot jaune grâce à une stratégie parfaitement exécutée. Alors que la compétition continue de braquer les projecteurs sur le cyclisme ouest-africain, cette édition consacre l’émergence de coureurs locaux capables de rivaliser avec les équipes les plus aguerries du continent.
Une victoire tactique sur un parcours exigeant
Longue de 138 kilomètres, l’étape reliant Sokodé à Kara a trouvé son dénouement dans les redoutables pentes du massif de la Kozah. C’est à 15 kilomètres de l’arrivée que Bouda Rassid, membre de l’équipe Cyclisme Solidaire, a lancé une attaque décisive en montée, creusant un écart que le peloton n’a jamais réussi à combler. Il franchit la ligne avec 45 secondes d’avance, illustrant une parfaite maîtrise du rythme et du terrain.
« Cette victoire est un message : le cyclisme africain n’a plus à complexer face aux grands noms », a déclaré Rassid à l’arrivée.
Le coureur burkinabè souligne ainsi la progression des structures locales d’encadrement, un constat également partagé par les organisateurs, qui saluent cette année la participation record de 12 nations africaines.
Le Togo, laboratoire du cyclisme continental
Mais au-delà de l’exploit sportif, cette course revêt une signification particulière pour le pays hôte. Le gouvernement togolais mise sur l’événement comme levier de promotion touristique, valorisant les paysages spectaculaires du nord du pays.
« Ce tour est devenu une vitrine économique », confie un membre du comité d’organisation, mettant en avant la présence remarquée de trois coureurs togolais dans le top 15 général.
Une fin de parcours à haute intensité
La course entre désormais dans sa phase décisive avec deux étapes montagneuses attendues autour du Mont Agou. Pour conserver son maillot jaune, Rassid devra se méfier du Rwandais Samuel Mugisha, actuel deuxième du général, ainsi que de l’Éthiopien Tsgabu Grmay, réputé pour ses accélérations tranchantes en fin de course.
Les chiffres à retenir
- 22 équipes engagées, dont 8 équipes africaines
- Écart au classement général : 1’10” entre Rassid et son dauphin
- Prochaine étape : 165 km avec 2 300 mètres de dénivelé positif
Cette édition confirme la montée en puissance du cyclisme ouest-africain, transformant chaque année le Togo en épicentre d’une bataille sportive à résonance continentale. Les regards sont désormais tournés vers les cols mythiques du pays, théâtre probable de la prochaine grande manœuvre.
La Rédaction

