Une vague d’insécurité endeuille une nouvelle fois le centre du Nigeria. Fin novembre, des hommes armés ont fait irruption dans une église du village d’Ejiba, dans la circonscription de Yagba Ouest, située dans l’État de Kogi. En plein service dominical, les assaillants ont enlevé un pasteur et au moins onze fidèles, plongeant la communauté dans la stupeur.
Selon les premières informations fournies par Kingsley Femi Fanwo, commissaire à l’information de l’État de Kogi, douze personnes sont portées disparues. Les forces de sécurité, arrivées sur place par hélicoptère, ont entamé des recherches dans l’ensemble de la zone pour tenter de localiser les otages et neutraliser les ravisseurs.
Un phénomène désormais endémique
Longtemps concentrés dans les régions du nord-est, les enlèvements de masse se sont étendus à plusieurs États du centre et du nord-ouest du pays. Ces groupes armés, communément appelés « bandits », attaquent des villages, pillent les habitations et kidnappent des civils contre rançon, sans distinction d’appartenance religieuse.
Cette recrudescence intervient alors que le Nigeria peine à endiguer un phénomène devenu l’un des principaux défis sécuritaires du pays. L’onde de choc des enlèvements de Chibok en 2014 semble avoir ouvert la voie à une industrie criminelle de la terreur.
L’État de Kogi en alerte maximale
Face au risque croissant d’assauts contre des lieux de culte, les autorités rappellent que ces espaces doivent désormais s’assurer d’une présence sécuritaire accrue lors des rassemblements, notamment dans les zones les plus exposées.
La déclaration récente de « l’État d’urgence sécuritaire national » par le président Bola Tinubu illustre la gravité de la situation. Le gouvernement cherche à renforcer la coordination entre les forces de sécurité et les communautés locales pour limiter la progression des groupes criminels.
Une spirale de violence qui inquiète
Depuis deux semaines, plusieurs centaines de personnes ont été enlevées à travers le pays, notamment plus de 300 élèves dans l’État de Niger et 38 fidèles d’une église dans l’État de Kwara, libérés entre-temps.
Cette flambée d’attaques attise les craintes d’une déstabilisation durable des régions rurales, où les populations sont déjà privées d’infrastructures essentielles. Les fidèles, quant à eux, craignent de voir leurs lieux de culte devenir des cibles privilégiées.
L’attaque d’Ejiba n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une dérive sécuritaire profonde qui transforme l’enlèvement en arme de pression et source de financement pour des groupes armés de plus en plus audacieux. Tant que ces organisations continueront à agir en toute impunité, la peur s’installera durablement dans le quotidien de millions de Nigérians.
La Rédaction

