Les députés ghanéens ont approuvé un texte renforçant l’arsenal législatif contre les activités LGBTQ. Soutenue par une large partie de la classe politique et par plusieurs organisations religieuses, la mesure attend désormais la décision du président John Dramani Mahama.
Le Parlement du Ghana a adopté vendredi un projet de loi prévoyant un durcissement des dispositions visant les personnes LGBTQ ainsi que les organisations ou individus accusés de promouvoir ou de financer ces activités.
Le texte, validé à l’unanimité par la commission parlementaire chargée des affaires constitutionnelles et juridiques, maintient notamment des peines pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement pour les relations sexuelles entre personnes du même sexe.
Des sanctions élargies à la promotion et au financement
Au-delà des actes eux-mêmes, la nouvelle législation étend les sanctions aux personnes ou structures accusées de soutenir, financer ou promouvoir les activités LGBTQ.
Selon les dispositions adoptées, les contrevenants pourraient encourir des peines allant de trois à cinq ans de prison.
Le texte introduit également une obligation de signalement aux autorités. Le non-respect de cette disposition pourrait lui aussi être sanctionné par une peine pouvant atteindre trois années d’emprisonnement.
Une décision désormais entre les mains du président Mahama
La prochaine étape revient au président John Dramani Mahama, qui devra décider de promulguer ou non la loi.
Cette initiative législative n’est pas sans précédent. Une version antérieure du projet avait déjà été adoptée en 2024, mais elle n’avait jamais été signée par l’ancien chef de l’État avant la fin de son mandat.
Le débat a été relancé ces derniers mois sous l’impulsion de responsables religieux et de groupes conservateurs, qui plaident pour un renforcement du cadre légal en vigueur.
Une évolution qui s’inscrit dans une dynamique régionale
Le Ghana n’est pas un cas isolé en Afrique de l’Ouest.
Au cours des derniers mois, plusieurs pays de la région ont adopté ou renforcé des dispositions similaires. En mars, Sénégal a relevé à dix ans la peine maximale applicable aux actes homosexuels, tandis que Burkina Faso a introduit pour la première fois une incrimination spécifique de ces pratiques dans sa législation en septembre dernier.
Ces évolutions illustrent la persistance de profondes divergences entre les pays africains et de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains sur les questions liées aux droits des personnes LGBTQ.
La Rédaction

