En visite en Côte d’Ivoire, le président ghanéen John Dramani Mahama et son homologue Alassane Ouattara ont lancé un appel aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – pour qu’ils reviennent au sein de la CEDEAO. Cette initiative intervient alors que la stabilité régionale est fragilisée par des tensions sécuritaires et politiques.
Une CEDEAO amputée, une sous-région fragilisée
Depuis le retrait officiel des trois pays de l’AES le 29 janvier dernier, la CEDEAO tente de convaincre ses anciens membres de revenir dans l’organisation. « Il y a toujours la possibilité de ramener nos pays frères à la maison », a plaidé John Dramani Mahama, insistant sur l’intérêt de faire partie d’un bloc de 15 nations plutôt que d’un groupe restreint à trois.
Alassane Ouattara a renchéri en appelant ces États à considérer les enjeux économiques et humains d’un tel divorce. « Nous sommes mieux à 15 qu’à trois », a-t-il insisté, évoquant les nombreux intérêts économiques communs, notamment pour les populations vivant aux frontières.
Coopération Côte d’Ivoire – Ghana : cacao, mines et grands projets régionaux
Au-delà de la question de la CEDEAO, les deux chefs d’État ont abordé des dossiers bilatéraux cruciaux, notamment le cacao, dont la Côte d’Ivoire et le Ghana sont les deux premiers producteurs mondiaux. Ensemble, ils cumulent plus de 60 % de la production mondiale et cherchent à peser davantage sur le marché international.
Ils ont également discuté des grands chantiers régionaux, comme le corridor Abidjan-Lagos et la monnaie commune, l’Eco. La coopération dans les domaines de l’énergie, des mines et de la lutte contre l’orpaillage illégal a été réaffirmée.
Aide américaine : entre incertitudes et opportunités
Interrogés sur la suspension de certaines aides américaines, Alassane Ouattara et John Mahama ont affiché leur pragmatisme. « Nous avons pris des dispositions pour continuer à financer nos projets en attendant », a déclaré le président ivoirien, confiant dans une reprise prochaine des financements.
John Mahama, de son côté, a vu dans cette réduction de l’aide une opportunité pour les pays africains de revoir leurs stratégies économiques et de renforcer leur autonomie financière.
Un appel sera-t-il entendu ?
Alors que la CEDEAO traverse une crise existentielle, l’initiative de Mahama et Ouattara suffira-t-elle à inverser la tendance ? Rien n’est moins sûr. L’AES a jusqu’ici affiché une fermeté inébranlable face aux pressions extérieures. Le destin de l’organisation régionale dépendra en grande partie de la capacité des dirigeants à rétablir la confiance entre ses membres.
La Rédaction

