Les autorités nigérianes ont annoncé l’ouverture de poursuites contre Omoyele Sowore, militant et ancien candidat à la présidentielle de 2019, suite à des publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles il accusait le président Bola Tinubu de corruption.La haute cour fédérale d’Abuja a rendu publiques les accusations mardi. Elles concernent également les plateformes X et Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, bien que les documents judiciaires ne précisent pas la nature exacte des responsabilités de ces entreprises.Selon les autorités, Sowore aurait publié des contenus « sachant qu’ils étaient faux » afin de provoquer « une rupture de l’ordre public ». Dans l’un de ses messages, alors que le président Tinubu était en visite diplomatique au Brésil, Sowore écrivait : « Ce criminel… est allé au Brésil pour affirmer qu’il n’y a pas de corruption sous son régime au Nigeria. Quelle audace de mentir sans honte ! »Cette affaire de cybercriminalité comporte cinq chefs d’accusation. Sowore, qui a déjà été impliqué dans plusieurs différends avec la justice nigériane, se retrouve au centre d’un débat sur les limites de la liberté d’expression dans un pays doté d’une presse importante mais souvent confrontée à des pressions gouvernementales.Le contexte économique renforce la tension autour de cette affaire : malgré ses richesses pétrolières, le Nigeria compte des millions de citoyens vivant dans la pauvreté, alimentant la critique publique contre la gestion des ressources nationales et les scandales de corruption à répétition.
La Rédaction

