Cette situation met en lumière les profondes divisions confessionnelles qui persistent au Nigéria, pays où la diversité religieuse façonne profondément le paysage social entre un nord à majorité musulmane et un sud principalement chrétien.
Une mesure controversée imposée dans quatre États du nord
Les autorités de quatre États du nord du Nigéria (Kano, Katsina, Bauchi et Kebbi) ont décrété la fermeture complète des établissements scolaires primaires et secondaires, tant publics que privés, durant toute la période du Ramadan, s’étendant du 28 février au 7 avril. Cette décision sans précédent est présentée comme une initiative permettant aux élèves musulmans d’observer le jeûne sacré dans un cadre familial plus propice.
La Hisbah, police islamique opérant dans l’État de Kano, a renforcé cette directive en avertissant que des sanctions seraient appliquées contre tout établissement privé qui tenterait de contourner cette réglementation temporaire.
Une mobilisation croissante des opposants
Deux organisations majeures ont vigoureusement manifesté leur opposition à cette mesure qu’elles jugent discriminatoire. L’Association nationale des étudiants nigérians (NANS) a formellement exigé l’annulation immédiate de cette directive, brandissant la menace d’organiser des manifestations à l’échelle nationale si aucune action n’est entreprise dans les 72 heures. Parallèlement, l’Association chrétienne du Nigéria (CAN), par l’intermédiaire de son président Daniel Okoh, a dénoncé ce qu’elle considère comme une discrimination « injuste » et n’écarte pas la possibilité d’engager des procédures judiciaires.
Un conflit aux multiples répercussions sociales et politiques
Cette controverse s’inscrit dans une dynamique plus large de tensions interreligieuses qui traversent le Nigéria depuis des décennies. Les détracteurs de cette mesure y discernent une discrimination flagrante envers les élèves non musulmans, une perturbation significative du calendrier académique déjà fragilisé, ainsi qu’une menace potentielle pour la cohésion nationale dans un pays où l’équilibre entre communautés demeure précaire.
Face à l’amplification des protestations, les gouverneurs des États concernés maintiennent jusqu’à présent un silence remarqué, ce qui ne fait qu’intensifier l’inquiétude des communautés chrétiennes et des défenseurs d’une éducation laïque et inclusive.
La Rédaction

