Cinquante jours après son retour au pouvoir, le président ghanéen John Dramani Mahama a dressé un état des lieux alarmant de l’économie nationale, accablée par une dette colossale et une crise énergétique persistante. Tout en dénonçant l’ampleur des défis, il a promis des réformes profondes pour restaurer la stabilité et relancer la croissance.
Un pays étouffé par la dette
Dans un discours au Parlement, Mahama a révélé que la dette publique s’élevait à 721 milliards de cedis ghanéens (environ 47 milliards de dollars), un fardeau qui pèse lourdement sur les finances du pays. Les entreprises publiques sont elles aussi étranglées : la compagnie d’électricité ECG cumule 68 milliards de cedis de dettes, tandis que le Ghana Cocoa Board doit 32,5 milliards. À cela s’ajoute un déficit de financement de 2,2 milliards de dollars dans le secteur énergétique, freinant de nombreux projets d’infrastructure.
Face à cette situation, le président a annoncé un protocole d’accord avec les créanciers officiels du pays, une étape cruciale vers une restructuration de la dette. Il a également prévu un dialogue économique national les 10 et 11 mars pour débattre des solutions à apporter, avant la présentation du budget 2025 au Parlement.
Des réformes sous contrainte
Mahama, qui avait déjà gouverné entre 2012 et 2017, a rappelé sa gestion du problème des coupures d’électricité, surnommé « Dumsor », et s’est engagé à appliquer la même rigueur pour affronter la crise actuelle. Depuis son investiture le 7 janvier, son gouvernement a initié des mesures d’austérité, réduisant les dépenses publiques et maîtrisant l’endettement. Il a salué une baisse du coût de l’emprunt, avec le rendement des bons du Trésor à 91 jours passant de 28,51 % début janvier à 24,48 % fin février.
Par ailleurs, Mahama a promis une rationalisation de l’administration présidentielle et une réduction de la taille du gouvernement. Il a également annoncé un plan d’investissement de 10 milliards de dollars dans les infrastructures et une réforme fiscale pour stimuler l’activité économique.
Avec la quatrième revue du programme du FMI prévue du 2 au 15 avril, le Ghana joue une partie décisive pour rétablir la confiance des investisseurs et stabiliser son économie. Mais entre promesses et contraintes budgétaires, Mahama devra rapidement transformer ses engagements en résultats concrets pour éviter que le pays ne s’enfonce davantage.
La Rédaction

