En proie aux difficultés sociales, à la crise économique et à la catastrophe climatique, la population nigériane a organisé des manifestations le jour de la fête d’indépendance du pays. La journée du mardi 1er octobre 2024 a vu des jeunes brandissant des pancartes et réclamant de meilleures opportunités et de meilleurs emplois.
C‘est la deuxième manifestation en masse en deux mois dans ce pays où les réformes mises en œuvre par le gouvernement visent le soutien des investissements étrangers en baisse et l’épargne de l’argent. Lors de la dernière manifestation en Août, au moins 20 manifestants ont été tués par balles quand des centaines d’autres ont été arrêtés. « La vérité, c’est qu’il n’y a rien à célébrer au Nigeria », a déclaré Adetayo Babatunde-Daniel, un jeune entrepreneur qui s’est joint aux manifestations.
Au même moment, conscient des défis de sa population, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu s’est adressé aux Nigérians dans un discours télévisé le jour de l’indépendance : “Je suis bien conscient des difficultés que beaucoup d’entre vous rencontrent en ces temps de crise. (…) Je tiens à vous assurer que vos voix sont entendues (…) Je vous assure que nous sommes déterminés à trouver des solutions durables pour alléger les souffrances de nos concitoyens ».
Dans un pays où la jeunesse représente 70% de la population, le chef de l’État dit vouloir répondre à leurs besoins : “Nous sommes aussi soucieux des besoins des générations futures. Nous voulons encourager leur énergie créatrice pour un avenir meilleur (…) C’est pourquoi je vous annonce la tenue prochaine d’une conférence nationale de la jeunesse. Cette conférence servira de plateforme pour aborder les divers défis et opportunités auxquels sont confrontés nos jeunes”, annonce-t-il.
Ces mots ne convainquent pas la population. Olawale Williams, commerçant dans un marché de la capitale, trouve que ce discours est loin d’être convaincant. « Les gens ne vont pas se contenter de ces déclarations. Je pensais que le président allait annoncer beaucoup de mesures comme par exemple, la baisse des prix des carburants qui pourrait améliorer la vie de la population », juge-t-il.
Alfred Ogar, un manifestant quant à lui déclare : « Je n’ai même pas pris la peine d’écouter le discours du président car je sais que ce qu’il dira sera identique. Promesses sur promesses, c’est le médecin qui nous fait des promesses. Des promesses que nous savons que tu ne pourras pas nous rencontrer aussi »
La Rédaction
Nigeria. Indépendance sur fond de contestation: Le discours du président n’arrête pas les manifestants.
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