Une nouvelle crise diplomatique éclate entre le Niger et l’Union européenne. Le représentant diplomatique européen basé à Niamey a été sommé de regagner Bruxelles ce 23 novembre 2024, suite à un différend concernant la distribution d’aide humanitaire destinée aux sinistrés des inondations.
Au cœur de cette controverse se trouve une enveloppe de 1,3 million d’euros, débloquée par l’Union européenne pour venir en aide aux populations touchées par les graves inondations qui ont frappé le pays. Les autorités nigériennes accusent la délégation européenne d’avoir distribué ces fonds de manière unilatérale, sans concertation préalable avec le gouvernement local.
La réponse de Bruxelles ne s’est pas fait attendre. Par la voix de son service diplomatique, l’UE a exprimé son « profond désaccord » avec la position nigérienne, défendant le caractère neutre et impartial de son aide humanitaire. L’Union européenne souligne que cette assistance est mise en œuvre via des organisations internationales reconnues et des agences onusiennes.
Cette année a été particulièrement éprouvante pour le Niger, avec des précipitations exceptionnelles dépassant de 200% les moyennes habituelles dans certaines régions. La ville historique d’Agadez, joyau du patrimoine mondial de l’UNESCO, a notamment été menacée par ces intempéries sans précédent.
Ce nouveau contentieux s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre le Niger et l’Occident depuis la prise de pouvoir des militaires en juillet 2023. Les relations avec l’Europe, et particulièrement avec la France, n’ont cessé de se détériorer depuis le renversement du président Mohamed Bazoum.
Malgré ces tensions croissantes, l’Union européenne maintient sa volonté de soutenir la population nigérienne, tout en déplorant l’instrumentalisation politique de l’aide humanitaire. Cette crise illustre la complexité des relations entre les nouvelles autorités sahéliennes et leurs partenaires occidentaux, dans un contexte régional de plus en plus instable.
La Rédaction

