À l’approche de l’Aïd al-Adha, le gouvernement nigérien a décidé de suspendre toute exportation de bétail afin de privilégier l’approvisionnement du marché national. Une mesure récurrente en période de Tabaski, justifiée cette année encore par les risques de pénurie et la hausse des prix, dans un contexte marqué par l’insécurité et les razzias de groupes armés.
Une décision ferme pour contenir les prix
Dans un arrêté publié cette semaine, le ministère du Commerce et de l’Industrie, dirigé par Abdoulaye Seydou, a formellement interdit l’exportation d’ovins, caprins, bovins et camélidés. L’objectif, selon les autorités : éviter une flambée des prix à l’approche de la fête et garantir l’accessibilité du bétail aux familles nigériennes.
Le ministre a précisé que cette suspension visait à « assurer l’approvisionnement régulier du marché national en bétail à l’occasion de la fête de la Tabaski ». Des consignes claires ont été données aux Forces de défense et de sécurité (FDS) pour faire respecter l’interdiction.
Une fête essentielle, un bétail stratégique
La Tabaski, célébrée début juin cette année, représente un moment central pour la communauté musulmane, qui constitue plus de 90 % de la population du Niger. À cette occasion, des centaines de milliers de moutons sont sacrifiés selon le rite islamique, ce qui génère une forte demande en bétail sur les marchés locaux.
Mais cette demande entre souvent en concurrence avec l’exportation. Le Niger est en effet un acteur majeur de la filière en Afrique de l’Ouest, notamment vers le Nigeria et la Côte d’Ivoire.
L’insécurité fragilise l’élevage
Le secteur de l’élevage nigérien est depuis plusieurs années confronté à une instabilité persistante. Des groupes armés jihadistes multiplient les razzias dans les zones rurales, volant le bétail, s’en prenant aux éleveurs et poussant des populations entières à fuir leurs terres. Résultat : un recul de la production, des circuits commerciaux désorganisés et des marchés sous tension.
Face à cette réalité, les autorités optent régulièrement pour des mesures protectionnistes en période de forte demande. En restreignant les exportations, le gouvernement cherche à stabiliser les marchés intérieurs, à limiter la spéculation et à protéger les consommateurs.
Une économie sous surveillance
Bien que cette mesure puisse temporairement nuire aux revenus des exportateurs, elle est perçue par beaucoup comme un mal nécessaire pour préserver la paix sociale pendant les fêtes. Les éleveurs, les commerçants et les familles nigériennes attendent désormais de voir si les prix resteront stables et si l’approvisionnement sera suffisant dans les grandes villes comme dans les zones rurales.
La Rédaction

