La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a livré un discours sur l’état de la nation marqué par une ambition claire : accélérer la transformation économique du pays en s’appuyant sur les nouvelles ressources énergétiques, la relance agricole et une réforme profonde des politiques sociales.
Dans un contexte où la Namibie cherche à consolider ses perspectives de croissance, le pétrole occupe désormais une place centrale dans la stratégie gouvernementale. La cheffe de l’État a insisté sur la nécessité d’un encadrement strict de ce secteur émergent, désormais placé sous supervision présidentielle, tout en appelant à l’adoption rapide d’une réforme législative destinée à sécuriser sa gestion. Elle a mis en garde contre les risques d’une mauvaise gouvernance des ressources naturelles, à un moment où les découvertes offshore suscitent de fortes attentes économiques.
Au-delà de l’énergie, le discours présidentiel met en avant une volonté de restructurer les bases productives du pays. L’exécutif vise une réduction massive des importations alimentaires, avec un objectif annoncé de 80 % d’ici 2030. Cette orientation repose sur une intensification de la production locale et un soutien accru aux agriculteurs, dans une logique de souveraineté alimentaire assumée.
Sur le plan social, la présidence entend élargir l’accès à l’enseignement supérieur grâce à un système entièrement subventionné pour les étudiants éligibles, complété par une extension des mécanismes d’aide financière. Une réforme présentée comme structurante pour le capital humain et la réduction des inégalités d’accès aux études.
Le discours a également abordé un dossier diplomatique de long terme : les négociations entre la Namibie et l’Allemagne autour des massacres des populations ovaherero et nama au début du XXe siècle. Selon la présidence, les discussions sont désormais dans leur phase finale et pourraient aboutir d’ici la fin de l’année 2026, après des années de négociations marquées par des divergences sur la reconnaissance et les modalités de réparation.
Dans l’ensemble, cette feuille de route esquisse une volonté de repositionnement : faire de la Namibie un État moins dépendant des importations, mieux structuré autour de ses ressources stratégiques et davantage tourné vers une croissance interne soutenue.
La Rédaction

