Face à l’hégémonie électorale de l’UNIR, Aimé Gogué (ADDI) lance un appel au sursaut, dénonçant la dispersion, l’inaction sur le terrain, et la montée de partis sans poids réel comme le FDR ou la DMP.
Au lendemain de la publication des résultats provisoires des municipales 2025, le paysage politique togolais se redessine brutalement : si l’Union pour la République (UNIR) règne sans partage avec 1 150 conseillers élus, l’opposition s’enfonce dans la division, l’abstention et une forme inquiétante de déconnexion populaire.
Aimé Gogué, président de l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI), n’a pas mâché ses mots. Fort d’un maigre butin de 34 sièges municipaux, il déplore un effondrement de l’opposition, gangrenée par les querelles internes, les appels inciviques au boycott et l’absence de stratégie commune.
« Personne ne peut, seul, vaincre un système aussi enraciné. La libération du pays passera par le rassemblement, pas par la fragmentation », a-t-il déclaré.
Des partis fantômes… à la DMP qui brille plus dans les appels au boycott que dans les urnes
Le scrutin confirme une réalité amère : des partis longtemps considérés comme des piliers de l’opposition sont désormais relégués au rang de partis fantômes. C’est le cas du FDR, totalement absent du débat électoral réel, ou d’autres formations incapables de faire élire ne serait-ce qu’un conseiller local. Leur présence politique semble se limiter à quelques communiqués ou apparitions virtuelles.
Dans cette même dynamique stérile, des coalitions comme la DMP se sont illustrées davantage par leurs mots d’ordre inciviques que par une implantation électorale tangible. Si leurs appels à l’abstention ont peut-être contribué à alimenter le taux d’abstention, ils n’ont en rien renforcé leur crédibilité. Le peuple togolais, lui, attend des réponses concrètes, pas des slogans sans lendemain.
Le sursaut selon ADDI : sortir de l’illusion et reconstruire
Pour Aimé Gogué, le signal envoyé par l’abstention est clair : un désengagement massif vis-à-vis de la classe politique, particulièrement de l’opposition. L’heure est à la remise en question profonde. « Ce message silencieux mais lourd de sens nous oblige à repenser notre stratégie », a-t-il martelé.
L’émergence de nouvelles forces comme TOVIA ou le MPPD post Agbéyomé et le parti Togo Autrement illustre une autre tendance : une opposition en recomposition, où seuls survivront les partis capables de se structurer et de convaincre sur le terrain.
La Rédaction

