Au Togo, la protection de la santé publique passe désormais par le contrôle rigoureux des matériaux de construction. Le gouvernement a intensifié ses actions pour limiter l’exposition des citoyens à des substances dangereuses telles que le plomb, l’amiante ou d’autres produits toxiques, dans le cadre de la mise en application de l’arrêté interministériel de 2024.
Contexte réglementaire et cadre légal
Le 23 août 2024, un arrêté interministériel a été adopté pour encadrer l’usage des matériaux de construction et équipements électriques contenant des substances potentiellement nocives. Ce texte fixe la liste des substances dangereuses, définit les modalités de contrôle et engage les autorités compétentes dans des inspections systématiques des chantiers et des matériaux. L’objectif est de prévenir les risques sanitaires liés à l’exposition au plomb, au mercure, à l’amiante et à d’autres composés toxiques tout en garantissant la sécurité des bâtiments pour la population.
Substances dangereuses ciblées et risques sanitaires
Les substances visées par l’arrêté incluent le plomb, présent dans certaines peintures et tuyaux et pouvant provoquer des troubles neurologiques, en particulier chez les enfants, ainsi que l’amiante, reconnu comme cancérigène, utilisé dans certains matériaux de construction. Le mercure et les polychlorobiphényles (PCB), présents dans certains équipements électriques, peuvent provoquer des dysfonctionnements neurologiques et des intoxications. Les composés organiques volatils et les hydrocarbures polycycliques aromatiques présents dans colles, solvants et enrobés représentent également des risques respiratoires et environnementaux. Ces substances constituent un enjeu majeur pour la santé publique, car leur exposition prolongée peut entraîner des maladies chroniques, des troubles du développement chez les enfants et des effets à long terme sur l’environnement.
Actions concrètes du gouvernement en 2026
Depuis le début de l’année 2026, le gouvernement togolais intensifie la mise en œuvre de l’arrêté à travers des inspections renforcées des chantiers et des points de vente de matériaux. Des ateliers de sensibilisation sont organisés pour les constructeurs, artisans et entreprises du bâtiment et des campagnes d’information publique informent la population sur les risques liés aux substances dangereuses et sur les alternatives sûres.
Par ailleurs, la conformité aux normes de sécurité chimique est désormais un critère obligatoire pour l’octroi des permis de construire. Les services de l’urbanisme évaluent les projets en fonction des matériaux utilisés et s’assurent qu’aucune substance interdite ou dangereuse n’est employée. Cette condition administrative renforce l’efficacité de l’arrêté et garantit que les nouvelles constructions respectent les standards de sécurité sanitaire.
Conseils pratiques pour les citoyens et constructeurs
Pour renforcer la sécurité, il est important de vérifier que les matériaux de construction sont conformes aux normes de sécurité chimique définies par l’arrêté, de privilégier les alternatives sans plomb, sans amiante et sans substances toxiques, de suivre les campagnes et recommandations du ministère de l’Urbanisme et de la Santé, et de signaler toute non-conformité aux autorités compétentes. Ces actions permettent à la population et aux professionnels du bâtiment de participer activement à la protection de la santé publique et à la préservation de l’environnement.
En 2026, le Togo franchit un pas décisif dans la protection de la santé publique en traquant les substances dangereuses dans les matériaux de construction. L’engagement gouvernemental, conjugué à la vigilance des citoyens et des professionnels du bâtiment, et le lien direct avec l’octroi des permis de construire, constituent une garantie essentielle pour des constructions plus sûres et respectueuses de l’environnement.
La Rédaction

