Au Burundi, le prix du sucre a triplé récemment en raison d’une pénurie sévère. La Société sucrière du Moso (SOSUMO), principal fournisseur du pays, a augmenté ses prix pour s’aligner sur ceux des importateurs privés et pour couvrir ses coûts de production. Cette situation est aggravée par des malversations économiques et une mauvaise gouvernance, selon des ONG.
La production de sucre au Burundi a chuté de 23 000 tonnes en 2015 à seulement 10 000 tonnes aujourd’hui. Le gouvernement a décidé de libéraliser totalement le secteur commerce du sucre pour endiguer cette crise. C’est une situation difficile pour les Burundais, qui voient les prix des biens de première nécessité augmenter de manière significative.
Le pays connaît une pénurie de sucre chronique depuis le mois de mars 2021, et les responsables de la seule entreprise d’État qui le fabrique expliquent toujours que « la Sosumo produit des quantités suffisantes ».
Par ailleurs, les grossistes en sucre de Makamba ont annoncé qu’ils arrêtaient cette activité en raison des pertes pouvant atteindre 800 francs burundais par sac vendu aux détaillants du chef-lieu de la province. Ils ont demandé à la Sosumo d’augmenter le prix du sac ou d’ouvrir son propre dépôt à Makamba.
Le gouvernement a également été accusé d’être impliqué dans le commerce du sucre ou de l’encourager, plusieurs observateurs locaux étant convaincus qu’une grande quantité de sucre est vendue en RDC voisine par des voies illégales.

