Le 31 décembre 2024 restera une date marquante pour la Mauritanie et le Sénégal. Ce jour-là, le gisement gazier transfrontalier offshore Grand Tortue-Ahmeyim (GTA), situé à 115 kilomètres des côtes des deux pays, a officiellement produit son premier mètre cube de gaz. Ce projet, qui symbolise une avancée majeure pour les deux nations, suscite en Mauritanie des attentes considérables, tant sur le plan économique que social.
Un potentiel économique colossal
Selon les projections, l’exploitation du champ GTA, opérée en partenariat avec le consortium BP-Kosmos, pourrait générer entre 80 et 90 milliards de dollars sur une période de 20 ans. Ces retombées dépendront toutefois de la résolution des désaccords entre les deux États et BP, notamment au sujet des surcoûts liés aux multiples retards du projet et des soupçons de surfacturation.
Avec des réserves estimées à 425 milliards de mètres cubes de gaz et une production annuelle prévue de 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), le gisement GTA pourrait devenir un pilier des économies mauritanienne et sénégalaise.
Ahmed Vall ould Mohameden, conseiller au ministère mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, a salué « l’entrée de la Mauritanie dans le cercle des pays producteurs de gaz naturel », soulignant l’importance stratégique de ce projet pour la région. Selon lui, ce gisement offre de nouvelles perspectives grâce à un investissement massif et une technologie avancée, tout en renforçant l’intégration régionale et internationale.
Des retombées locales espérées
En Mauritanie, l’exploitation du gaz ne se limite pas à l’exportation. Une partie de cette ressource sera utilisée pour répondre aux besoins domestiques, notamment dans la production d’électricité. Un projet de centrale électrique à gaz est d’ailleurs en cours pour remédier au déficit énergétique structurel du pays.
Le projet GTA est également lié à des ambitions plus vastes, notamment à travers le gazoduc Afrique Atlantique, qui pourrait connecter davantage l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, renforçant ainsi l’intégration énergétique.
Une opportunité pour le développement humain
Pour Baliou Coulibaly, président de la section mauritanienne de la coalition mondiale « Publiez ce que vous payez », l’exploitation de cette ressource ne doit pas se limiter à des bénéfices économiques. « Les ressources naturelles doivent être converties en bien-être pour les populations », insiste-t-il. Il appelle à une gestion rigoureuse des revenus de l’État et à des investissements dans la formation des jeunes, la création d’emplois, le transfert de compétences et le développement du secteur privé local.
M. Coulibaly plaide également pour une transition énergétique juste, qui permette aux communautés d’accéder à des énergies propres tout en assurant une gestion efficace des impacts sociaux et environnementaux.
Une page historique
Avec l’entrée en exploitation du gisement GTA, la Mauritanie et le Sénégal franchissent une étape décisive dans leur développement économique. Reste à savoir si ces richesses naturelles tiendront leurs promesses en matière d’amélioration des conditions de vie des populations, tout en assurant une gestion durable et équitable.
La Rédaction

