Les lacs et rivières africains sont confrontés à une crise écologique majeure. Selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), plus d’un quart des espèces de poissons d’eau douce du continent risquent de disparaître, avec certaines déjà éteintes. Cette situation inquiète les scientifiques et les communautés locales qui dépendent de la pêche pour survivre.Un déclin alarmant au lac VictoriaLe lac Victoria, deuxième plus grand lac d’eau douce du monde, illustre cette menace. Derrière l’image de marchés animés et de pirogues chargées, la réalité est sombre. La pêche s’est effondrée. Elizabeth Didi, commerçante depuis plus de trente ans, résume l’ampleur du problème : « À l’époque, on récoltait 200 kilos par jour. Aujourd’hui, difficile d’en obtenir 20. »La surpêche, l’introduction de la perche du Nil et de la jacinthe d’eau, ainsi que la pollution, fragilisent gravement l’écosystème.Des espèces en danger critiqueLe rapport du WWF révèle que plus de 170 espèces sont en danger critique d’extinction, neuf ont déjà disparu et plus de 500 restent mal étudiées. Cette incertitude scientifique accroît le risque de pertes irréversibles.La pollution, issue de l’agriculture, de l’industrie et de l’exploitation minière, modifie profondément les habitats. Les filets illégaux, qui capturent les juvéniles, empêchent la régénération des populations de poissons. Autour de Kisumu, la croissance urbaine et le ruissellement d’engrais accentuent l’eutrophisation du lac, étouffant davantage la biodiversité.Un enjeu vital pour des millions de personnesLe déclin des poissons d’eau douce dépasse la seule question écologique : il menace la sécurité alimentaire et les revenus de millions d’Africains. Au-delà du lac Victoria, c’est tout un équilibre socio-économique qui est en jeu.L’appel du WWFFace à cette urgence, le WWF préconise des mesures immédiates : renforcer la lutte contre la pollution, gérer les espèces envahissantes et mettre fin à la pêche non durable. Sans une action rapide et coordonnée, l’Afrique pourrait perdre une partie essentielle de sa biodiversité et de son patrimoine naturel, avec des conséquences dramatiques pour les générations futures.
La Rédaction

