Navin Ramgoolam, leader de l’opposition mauricienne, a été nommé Premier ministre de l’île Maurice après la victoire écrasante de sa coalition lors des élections législatives. Cette victoire survient après une campagne marquée par des préoccupations économiques et démocratiques, ainsi que par des scandales d’écoutes qui ont affecté la campagne du parti sortant, défait de manière significative.
À la tête de l’Alliance du changement, une coalition regroupant plusieurs partis, Ramgoolam, qui est également le chef du Parti travailliste et ancien Premier ministre, a été officiellement désigné par le président du pays. Peu après, il a annoncé sa victoire à ses partisans, déclarant : « Le tribunal du peuple a rendu son verdict et une nouvelle Maurice se réveille », sous les acclamations de la foule et les klaxons des voitures.
Le Premier ministre sortant, Pravind Kumar Jugnauth, a présenté sa démission après avoir occupé ce poste depuis 2017, succédant à son père. Selon les résultats de la Commission électorale, la coalition de Ramgoolam a recueilli 62,6% des voix, contre 27,8% pour l’alliance menée par Jugnauth. À Maurice, le leader de l’alliance gagnante devient automatiquement Premier ministre.
Même avant la proclamation des résultats définitifs, Jugnauth avait admis que son camp s’acheminait vers une défaite écrasante. Selon Adeelah Kodabux, directrice de Leda, un organisme d’études, cette défaite est le reflet d’un rejet des abus de pouvoir et de la mauvaise gouvernance qui ont marqué le précédent gouvernement.
Les résultats des élections ont permis l’élection de 60 députés à Maurice, avec deux autres élus sur l’île Rodrigues, qui jouit d’une certaine autonomie. Les huit sièges restants ont été attribués par la Commission de surveillance électorale aux « meilleurs perdants », afin de garantir un équilibre communautaire.
Malgré un accord historique signé en octobre sur la souveraineté des Chagos, Jugnauth n’a pas réussi à convertir cet acquis en soutien électoral, d’autant plus que des fuites de conversations téléphoniques sensibles ont terni l’image du gouvernement pendant la campagne.
Le programme de l’Alliance du changement prévoit des réformes majeures, telles que la création d’un fonds pour soutenir les familles en difficulté, la gratuité des transports publics, des augmentations des retraites et une baisse des prix des carburants. Le parti propose également des réformes constitutionnelles et électorales, y compris un changement dans la manière d’élire le président et le président du parlement.
Maurice, une nation majoritairement hindoue, a connu depuis son indépendance une stabilité et une croissance solides, principalement grâce à son secteur touristique, financier et manufacturier. Cependant, la population est de plus en plus préoccupée par la gouvernance et la corruption, et les analystes soulignent la nécessité de diversifier l’économie pour assurer un développement durable.
Ramgoolam, qui a exercé deux mandats de Premier ministre entre 1995 et 2014, fait partie d’une dynastie politique qui a marqué l’histoire de l’île depuis son indépendance en 1968. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a été l’un des premiers dirigeants étrangers à féliciter Ramgoolam, soulignant ainsi l’importance de cette victoire sur la scène internationale.
La Rédaction

