Après des décennies de guerre civile et d’instabilité, la Somalie se projette vers l’avenir. Le gouvernement fédéral a officiellement lancé sa Vision 2060, un vaste plan stratégique pour reconstruire le pays et transformer en profondeur son économie et ses institutions à l’horizon du centenaire de l’indépendance.
La cérémonie de lancement s’est tenue en présence du président Hassan Sheikh Mohamud, du Premier ministre Hamza Abdi Barre, de plusieurs ministres et de hauts responsables du gouvernement. L’objectif est clair : doter la Somalie d’un cap ambitieux et fédérateur pour bâtir un État stable, résilient et prospère.
Un document politique porteur d’espoir
« Heureusement, la Somalie ne part pas de zéro, et je ne doute donc pas que le pays puisse suivre une voie tout aussi ambitieuse et réussir », a déclaré Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors de son allocution. Il a salué une vision « plus qu’un simple document politique » : une déclaration de confiance et d’ambition du peuple somalien. La CEA, déjà active dans le pays, a promis un accompagnement constant.
Par le passé, la CEA a appuyé la Somalie dans la mise en œuvre de sa stratégie nationale pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le développement des partenariats public-privé et la structuration d’écosystèmes de données fiables, indispensables à une gouvernance efficace.
Des défis immenses mais identifiés
Le Conseil économique national a dressé un tableau lucide des défis à relever. La Somalie fait face à une fragilité étatique persistante, une insécurité chronique dans certaines régions, et des infrastructures délabrées qui entravent l’activité économique. À cela s’ajoutent l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement, un taux de chômage élevé et des indicateurs sociaux préoccupants. Le phénomène des déplacements internes et de l’exode vers l’étranger aggrave encore la précarité.
Une ambition continentale
Avec la Vision 2060, Mogadiscio entend démontrer que le pays peut s’extraire de ses traumatismes et rattraper son retard. Le plan vise notamment à améliorer l’éducation, la santé, les services publics, les infrastructures et l’environnement des affaires, en s’alignant sur les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
L’initiative s’inscrit aussi dans une dynamique régionale, où plusieurs pays africains développent des feuilles de route à long terme pour anticiper les mutations du continent et renforcer leur souveraineté économique.
La Rédaction

